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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : La dépêche - Marie Dédéban - 12/11/2020

William Berthomière et Christophe Imbert sont géographes. Ils ont étudié la particularité des associations ariégeoises dans leur hospitalité vis-à-vis des migrants.

Chercheurs en géographie dans le programme Camigri du laboratoire Migrinter (CNRS Poitiers) , William Berthomière et Christophe Imbert, reviennent sur l’important réseau d’associations qui œuvre en Ariège à l’accueil de réfugiés et demandeurs d’asile, dans leur article "Le refuge ariégeois : atout et diversité d’une topographie de l’accueil". 

Mamadou, qui a fini par obtenir le statut de réfugié, raconte son histoire personnelle à Romain militant de l'association ACARM09 qui a mis à disposition de cette famille cet appartement pour deux ans, le temps pour lui de trouver un travail et reconstruire sa vie ici. Juin 2019.

Pourquoi avoir choisi l’Ariège pour vos recherches?

William Berthomière : Nos recherches sont parties d’un constat: il y a des lacunes sur la question des migrations internationales et le monde rural. Nous avions également une connaissance préalable du terrain.

Christophe Imbert : Et c’est un département particulier, où seulement 40 % de la population est née en Ariège. C’est quelque chose que l’on observe habituellement en ville. Il faut aussi noter que le Cada (centre d’accueil des demandeurs d’asile) du Carla-Bayle est un des tout premiers à avoir ouvert en milieu rural.

Dans votre article, vous expliquez que l’accueil en Ariège c’est un peu une histoire de familles…

W.B : D’un point de vue historique on constate souvent que dans beaucoup de régions montagneuses du monde, des personnes s’installent à la suite de conflits. Il s’agit de fuir l’oppression. L’histoire de l’Ariège en est riche: il y a eu les Cathares, le protestantisme, la Retirada. Elle est aussi différente des départements alpins: les personnes qui y sont accueillies n’ont pas franchi les Pyrénées avec les difficultés que l’on a constatées dans les Alpes ou à la frontière Italienne.

C.I : On n’est pas sur un lieu de passage, de transit, mais plutôt des espaces de marge, où les personnes qui y vivent développent des savoir-faire dans l’accueil de réfugiés. Ce sont souvent d’ailleurs des personnes qui ont décidé de vivre en Ariège pour rompre avec le monde urbain. En cela, c’est la diversité des populations qui offre à l’Ariège une forme de refuge polymorphe.

Dalanda devant les cartes du monde, d'Europe et d'Ariège, a obtenu sa régularisation et construit sa nouvelle vie dans le département d’Ariège. Octobre 2019.

Autrement dit, l’hospitalité n’est pas le propre de néoruraux comme on pourrait le croire?

W.B:   Dans le réseau associatif ariégeois, il y a des jeunes adultes qui ont parcouru le monde. Ils se sont familiarisés avec l’hospitalité au sens anthropologique du terme. C’est-à-dire porter assistance aux gens de passage. Il y a aussi des néoruraux, mais aussi des locaux qui s’ancrent dans une tradition montagnarde. 

  1. C. I:Les natifs de l’Ariège ont souvent été en mouvement, avec des résidences secondaires, des parents colporteurs, des montagnards qui partaient travailler aux mines… ce n’étaient pas des paysans totalement sédentaires comme dans d’autres départements.

W.B: La finesse de cet alliage, ce dialogue entre tradition et néoruralisme, c’est ce qui fait la particularité de l’Ariège. 

C'est ce qui explique également l'importance du réseau d'associations dans le département?

W.B: En effet, il y a énormément d’associations en Ariège qui se mobilisent pour l’accueil de ces populations, de ces déboutés de l’asile. Pour ces gens c’est un non-sens que d’accepter que ces personnes doivent repartir, car bien souvent elles sont intégrées. Les enfants sont scolarisés, les parents ont des liens qu’ils pourraient professionnaliser s’ils y étaient autorisés.
La particularité de ces associations, c’est que contrairement aux grandes métropoles, les membres n’ont pas forcément les mêmes formations ou orientations politiques. Leur résistance n’est pas mono partisane. Ce sont les habitants, les citoyens qui se mobilisent, bien souvent en amont et pas uniquement dans l’urgence. Ce sont des personnes qui vont donner de leur temps. 

  1. C. I: on constate également dans la résistance aux décisions administratives, notamment d’exclusion, une organisation départementale. Les préfets sont de plus soumis aux décisions des préfets de région, ce qui fait que les associations doivent se structurer. Elles s’entraident donc les unes les autres. Ce ne sont pas forcément des oppositions frontales d’ailleurs. Ils veulent avant tout amener l’Etat à prendre des décisions de manière plus fine, au cas par cas. Et puis le département a besoin des réfugiés ! Dans un département avec une faible démographie, les familles font vivre les écoles, les parents des entreprises. La résistance ariégeoise défend l’idée du bon sens.
Céline Gaille photographie les moments intimistes, au delà de la science

Pour donner à leur programme une dimension plus humaine et artistique, William Berthomière et Christophe Imbert ont fait appel au savoir-faire de la photographe Céline Gaille.  "Je les ai d'abord suivi sur leurs lieux de rendez-vous, raconte-t-elle. Je travaille beaucoup sur la notion d'exil, d'intimité et de famille." Emballée par le projet, elle apprivoise peu à peu ses interlocuteurs, migrants ou membres d'associations. "J'ai une approche très douce, avec beaucoup d'empathie. Ce sont souvent des personnes vulnérables ou qui n'ont pas envie d'être exposées."
Là où les chercheurs anonymisent, elle montre une "vérité documentaire" avec une résonnance saisissante. De ce cheminement humain, Céline Gaille a tiré deux séries de photos, pudiques et sensibles, connectant les gestes du quotidien aux épreuves que ses sujets ont pu vivre. 

Manif : une famille menacée d’expulsion

"On ne peut pas laisser ces gens dans la rue. On ne peut pas rester sans rien faire. Il faut réfléchir à ce qui fait de nous des humains", martèle une militante du Collectif départemental d’aide aux réfugiés. Hier après-midi, une dizaine de membres de l’association se sont réunis devant la préfecture de l’Ariège pour soutenir une famille menacée d’expulsion. Bien que cette "manifestation" n’ait pas été déclarée au préalable, les policiers présents sur place ont fait preuve de compréhension.

Une famille intégrée

Originaire de Géorgie, la famille Mikaia vit à Pamiers. L’aînée est majeure, ses deux sœurs y sont scolarisées au collège et au lycée. "Depuis le 27 octobre, le père de la famille doit pointer au commissariat tous les jours à 18 h", déplore le Collectif. Hier, la mère et l’aînée des trois filles étaient convoquées à la préfecture. "Le but est de les contraindre à retourner en Géorgie, affirme une membre du collectif. Mais c’est une famille intégrée. Les professeurs soutiennent les filles qui sont assidues. Ils sont encore traumatisés par ce qu’ils ont vécu là-bas, par leur voyage."

Agir par souci humanitaire

Comme d’autres associations à travers l’Ariège, le Collectif départemental s’attache à héberger, nourrir, intégrer et épauler les réfugiés dans leurs démarches administratives. "Il y a en Ariège un manque de politique de séjour de la part de la préfecture, estime une membre active du collectif. Ils tiennent très peu compte de la réalité des familles, des situations particulières." Une autre ajoute : "Nous devons agir par souci humanitaire. S’ils sont venus ici c’est parce qu’ils n’avaient pas le choix, pas parce qu’ils en avaient envie."

 

 

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