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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

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Source : Le Monde - Pierre Sorgue - 29/5/2020

C’est un petit établissement sans prétention du centre-ville. Pendant le confinement, son propriétaire a choisi d’ouvrir ses chambres à des sans-abri envoyés par le SAMU social. Pour eux, cette période, si chaotique, s’est muée en une parenthèse de stabilité et d’humanité inattendue.

Sale temps pour une fin de confinement. Même à Toulouse, ce 11 mai semble être de novembre, pluie tenace et lumière de plomb. Pas de quoi se ruer dehors. De toute façon, la plupart des clients de l’Hôtel Arnaud-Bernard, un petit deux-étoiles du centre-ville, n’en ont aucune envie. Si cela ne tenait qu’à eux, ils prolongeraient encore longtemps leur séjour contraint. Aussi peu pressés d’un retour à la « normale » que désireux de retrouver ce qui fait leur ordinaire.

Des allures d’Arche de Noé

Derrière le comptoir de bois clair et de marbre gris, Étienne Vidaillac, le propriétaire de l’hôtel, est au téléphone avec Rachel, qui n’est qu’une voix depuis des semaines. Chaque jour, depuis le début du confinement, elle a appelé au nom du 115, l’urgence sociale, pour s’enquérir des chambres disponibles ou annoncer la venue d’un nouveau pensionnaire : « Est-ce que les gens restent ? Parce que j’avais des prises en charge jusqu’à ce matin… T’as pas d’infos là-dessus ? », interroge Etienne. Son interlocutrice n’en a pas. Quelques minutes plus tard, il tente par un sourire de rassurer un résident inquiet : « Ils ne vont quand même pas vous faire sortir un jour de pluie, ce ne serait pas humain… »

Nadia et son petit Wassim, Michel, Djeneb et Étienne, le propriétaire de l’hôtel.
Nadia et son petit Wassim, Michel, Djeneb et Étienne, le propriétaire de l’hôtel. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Cheveux gris et regard clair de marin breton, Etienne navigue à vue depuis deux mois avec ce petit monde. Son hôtel a pris des allures d’Arche de Noé. Alors que la plupart des établissements de la ville sont fermés depuis la mi-mars, le sien affiche complet. Femmes victimes de violences conjugales, certaines accompagnées de leurs enfants, sans-papiers, SDF et mendiants, camés ou dérangés… il les a vus arriver les uns après les autres, placés par tout ce que Toulouse compte d’associations humanitaires.

Un moyen de contenir l’effondrement du chiffre d’affaires, mais aussi « une manière d’aider, de ne pas s’arrêter complètement au moment où il faut partager ». Étienne, le propriétaire

C’est le centre communal d’action sociale (CCAS) qui a géré l’hébergement d’urgence mais pour le compte de l’Etat, qui finance : près de 2 000 places ont ainsi été offertes, contre 1 300 en temps normal. Comme des centres d’accueil traditionnels étaient fermés ou restreints pour des questions sanitaires, il a fallu se tourner vers les hôtels qui l’acceptaient. Etienne a loué – à moindre prix – sa vingtaine de chambres pour confiner ces sans-abri. Un moyen de contenir l’effondrement du chiffre d’affaires, mais aussi, dit-il, « une manière d’aider, de ne pas s’arrêter complètement au moment où il faut partager ». Le 21 mars, il a décidé de se confiner lui aussi, laissant son épouse et sa fille dans leur maison de Saint-Cyprien : « Il valait mieux qu’un seul d’entre nous soit contaminé… », glisse-t-il avec une lueur d’ironie fataliste qui lui donne un petit quelque chose de Jean-Louis Murat.

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Vu le respect pour le moins élastique des gestes barrières et de la distanciation physique quand les uns et les autres se croisent autour de la cafetière ou du micro-ondes, il valait mieux être modérément optimiste quant aux chances d’échapper au virus. Surtout quand, fin mars, le 115 annonça la venue d’un homme qui venait d’être malade et ne put lui accorder un masque que trois jours plus tard : « Ici, les protections sanitaires, on les a vues à la télé, on est loin du compte… Mais je n’ai pas envie de fliquer ces gens déjà suffisamment angoissés », admet Etienne.

Des corps brisés et des têtes abîmées

Souvent, il s’est trouvé bien seul pour mener sa barque. Surtout le soir, lorsque les jalousies des unes ou la paranoïa des autres déclenchaient insultes et engueulades jusqu’à l’hystérie, que le 115 ne répondait plus et que la police municipale débarquait à trois équipages pour calmer une jeune femme. Les nuits aussi furent parfois agitées, entre celui qui errait à 3 heures du matin dans l’étroit escalier au tapis rouge et les éclats de voix des insomniaques qui résonnaient dans le patio : « Il a fallu que je hurle, que je vire une ou deux personnes quand elles menaçaient un équilibre déjà précaire. Mais c’est terrible, parce que tu sais qu’elles sont en détresse et auraient besoin d’aide. Tu t’en veux, te sens mal… Tu ne sais pas faire, mais personne ne t’aide… »

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D’habitude, sa clientèle est composée de professeurs de fac, de participants à un congrès ou à un festival : « C’est sympa, avec des gens dynamiques qui ont un projet, tournés vers l’avenir. » Et voilà que son hôtel est devenu celui des corps brisés et des têtes abîmées, « des hommes et des femmes qui doivent se battre pour la moindre chose, qui vivent avec l’obsession de l’échec mais qui témoignent d’un courage incroyable… »

Avant de se poser à Toulouse, Étienne Vidaillac a longtemps parcouru la planète comme cameraman avec Nicolas Hulot, alors baroudeur attitré de TF1. Mais, cette fois, le monde qui arrive dans son hôtel est d’une autre sauvagerie que celle qu’il filmait pour « Ushuaïa » ou « Opération Okavango ». Chaque vie qui se raconte est un chapitre d’un livre de la jungle.

Marie a fui Kinshasa avec sa fille Julienne. Elle a enfin trouvé un endroit où se reposer et réfléchir à la suite.
Marie a fui Kinshasa avec sa fille Julienne. Elle a enfin trouvé un endroit où se reposer et réfléchir à la suite. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Chambre 18, une Colombienne de 29 ans demande le statut de réfugiée : elle a dû fuir les menaces de mort d’un chef de gang et laisser ses filles au pays faute d’argent. Sa voisine d’en face, chambre 14, est une jeune Parisienne qui doit échapper à l’emprise malsaine d’un fiancé après celle de son père, cherche un avenir dans une formation de secrétaire et le réconfort dans la Bible.

Chambre 24, une jeune femme illettrée venue de Benin City, la capitale nigériane de la traite des femmes, a traversé l’Afrique et la Méditerranée vers l’Espagne puis la France, a égaré un enfant en chemin avant d’abandonner le dernier à son père. Chambre 28, une femme dit qu’elle ne connaît pas son âge (« est-ce qu’on naît un jour ? »), qu’elle est la reine des handicapées (« j’ai été consacrée au château de Pau »), qu’elle dépend d’un homme pour ses médicaments et sa drogue (« J’ai eu des problèmes avec ce monsieur, je suis prostituée »). Etienne a dû virer des hommes qui montaient lui rendre visite.

Drogue, proxénétisme, magie noire

Chambre 27, un Géorgien vient d’être libéré de prison à cause de la pandémie après avoir purgé l’essentiel de sa peine, trois ans, pour tentative de piratage informatique d’une banque. Toxicomane, il a quitté son pays en 2011 quand un médecin lui a donné deux mois à vivre à cause de ses trois hépatites et de la cirrhose qui lui rongeait le foie. Venu en France avec un visa de tourisme, il savait qu’il pourrait bénéficier du titre de séjour pour étrangers malades et de l’aide médicale d’Etat qui a permis les soins puis une transplantation quatre ans plus tard.

Bien mis dans son polo sombre et son jeans, il décline d’un ton délicat les mots essentiels d’un français rudimentaire : « Géorgien, y en a pas médecine… Français possible à changer le foie, assurances… Cadeau m’a donné la France… Moi pas possible partir, médicaments… demande handicap, malade la tête… Social encore… » D’abord frappé d’une obligation de quitter le territoire, il aurait dû partir de l’hôtel le 14 mai, mais a bénéficié d’une semaine de sursis grâce à une association qui vient en aide aux toxicomanes et qui a pu ensuite lui assurer un suivi hospitalier. Une reconduction à la frontière, dit-il, ressemblerait à une condamnation capitale.

Queen, dans la chambre double qu’elle partage avec ses deux filles de 3 et  4 ans.
Queen, dans la chambre double qu’elle partage avec ses deux filles de 3 et  4 ans. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Pendant deux mois et demi, l’Hôtel Arnaud-Bernard aura été un havre pour ces vies bousculées. Le salon résonne des jeux des enfants, des rires des mamans africaines assises sur le fauteuil et la banquette Louis XV aux moulures dorées. L’une d’elles a débarqué avec ses deux gamins plus un troisième à venir, loin du père brutal et polygame. « Human traffic », explique cette jolie femme quand on lui demande comment elle est arrivée en France, à 21 ans : une mère maquerelle qui fait croire à une carrière de mannequin, le passeport et le téléphone confisqués à Paris, le racolage et la prostitution du côté de la Méditerranée, tout cela sous l’emprise du « juju », le rituel de magie noire qui fait peser la menace de malédiction et de représailles en cas de dénonciation.

Jusqu’à ce que les violences et les insultes des clients, la peur et le dégoût ne la poussent à tout avouer à un policier qui l’éloignera dans l’est de l’Hexagone. Elle y avait trouvé un appartement, une formation de cuisinière et un emploi au KFC. Elle a tout abandonné pour fuir le conjoint. Elle ne connaît personne à Toulouse, ne sait pas ce qui l’attend : « Mais je dois toujours me donner de l’espoir, avoir l’air joyeuse pour mes enfants. Sinon, je me sens finie : à 27 ans, qu’est-ce que j’ai réussi ? Rien… » Les jours passés à l’hôtel sont un peu de stabilité avant une nouvelle vie dans cette nouvelle ville dont elle ignore tout : « Le chef de l’hôtel est très gentil avec tout le monde, il rend les choses faciles… On se sent bien, comme à la maison », dit-elle.

Le 115 en surchauffe

À part, peut-être, pour la nourriture : les boîtes de raviolis et de potage posées par cartons entiers sur les tables ne sont pas vraiment d’Afrique. La jeune fille de la banque alimentaire livre deux fois par semaine et l’hôtel est l’un des douze de sa tournée. À peine entreposées dans le réfrigérateur, les salades de pâtes ou barquettes de légumes seront dévalisées. Certaines chambres sont transformées en épicerie où s’entassent les conserves. Du coup, Etienne appelle la 12 pour prévenir Marie la timide qu’elle peut venir chercher la nourriture pour elle et sa fille, Julienne, 10 ans.

« On n’a pas arrêté de naviguer, chez treize familles. Chaque fois, j’appelais le 115, mais on me répondait qu’il n’y avait pas de place. C’est avec l’épidémie qu’on m’a parlé de cet hôtel. » Marie

Elles ont fui Kinshasa et la République démocratique du Congo, où l’époux de Marie, un opposant au régime, a disparu après avoir été emprisonné. Elles sont venues d’Allemagne en France et y sont dans la clandestinité depuis dix-huit mois. Elles ont dormi dans un parc, cachées dans les toboggans, terrorisées par les bruits de la nuit, furent hébergées par la maîtresse d’école de Julienne puis des parents d’élèves : « Une semaine chez l’un, quinze jours chez l’autre, on n’a pas arrêté de naviguer, chez treize familles. Chaque fois, j’appelais le 115, mais on me répondait qu’il n’y avait pas de place. C’est avec l’épidémie qu’on m’a parlé de cet hôtel », raconte Marie dans un murmure.

Julienne, la fille de Marie, fait ses devoirs dans la chambre où elle est confinée avec sa mère.
Julienne, la fille de Marie, fait ses devoirs dans la chambre où elle est confinée avec sa mère. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Elle a pu recommencer à dormir, Julienne a pu ranger ses quelques livres de Harry Potter et de Mortelle Adèle, elle a passé des heures dans ses cahiers et ses polycopiés scolaires. Marie a tenté d’écrire sa vie pour convaincre l’Office de protection des réfugiés (Ofpra) de lui accorder l’asile. Pendant le confinement, elles ne sont quasiment pas sorties, autant par crainte du virus que des contrôles de police qui angoissent Julienne : « À l’hôtel, on est stables, on est protégées. J’aimerais que cela continue », souffle Marie. La suite n’est pour l’instant faite que d’incertitudes et d’angoisses. Sa seule fortune est un carnet de dix tickets de métro que lui avait donné une mère d’élève.

La cage devenue cocon

Chaque matin, vers 8 heures, Michel descend sur la pointe des pieds pour se préparer un café et lire La Dépêche du Midi. Visage mangé par une barbe épaisse, toujours le même bonnet sur la tête, les mêmes tee-shirt et chandail de laine défraîchis sur le dos, il marmonne plus qu’il ne parle. Il a passé trente des cinquante-cinq ans de sa vie dans la rue, « en clochard ». Quand Myriam, « de la maraude de nuit », lui a proposé de rejoindre l’hôtel, il a d’abord eu « peur d’être en cage ». Mais, dit-il sur le ton de l’élève conciliant, « on me payait une chambre, il fallait que je respecte le confinement. Je ne voudrais pas infecter les gens ».

Michel aime lire « La Dépêche du Midi »  en buvant trois ou quatre cafés le matin dans le hall de l’hôtel.
Michel aime lire « La Dépêche du Midi »  en buvant trois ou quatre cafés le matin dans le hall de l’hôtel. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Depuis, la cage est devenue cocon : « Je ferme la porte, je dors sur mes deux oreilles… J’étais fatigué dans ma tête, la peur peut-être de sentir que le temps passe sans être à l’abri. Ici, je fume mon “pet’” et je regarde la télé : Supercopter, Magnum, les conneries que je regardais dans le temps, quand j’avais une maison à Bordeaux. » Et puis, en bas, il croise la jeune femme marocaine qui a eu la gentillesse de lui parler, ce qu’il n’aurait jamais osé faire. Il lui offre du tabac à rouler, des bonbons Haribo, l’appelle « mon rayon de soleil » en riant. Lui qui a toujours peur de déranger et se réfugie dans la solitude, trouve que ce confinement à l’hôtel aura été un « moment d’humanité ». Ce matin, dans le journal, il a lu un article sur ceux qui sont angoissés à l’idée de remettre le nez dehors : « Ça y est, je sais de quoi je souffre, c’est écrit là : du syndrome de la cabane. »

Chambre 26, Abdelmonem non plus n’a pas envie de partir. Depuis 2016 qu’il a quitté Sousse, en Tunisie, il a rarement connu autant de confort. Depuis les Pays-Bas, où il avait atterri avec un « visa Schengen », jusqu’à Toulouse en passant par la Belgique et Marseille, il a dormi dehors, dans des voitures et dans la cave d’une HLM. Il a vécu en clandestin, a travaillé au noir dans le bâtiment, s’est fait arnaquer par des congénères qui ne l’ont jamais payé.

Monem ne sort pas de sa chambre mais y fait près de 4 heures de sport par jour.
Monem ne sort pas de sa chambre mais y fait près de 4 heures de sport par jour. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Depuis l’été, il appelait le 115 sans succès. Jusqu’à ce que la fièvre, la toux et l’angoisse ne le poussent vers l’hôpital où fut détecté le virus. Une assistante sociale lui a permis de quitter sa cave pour l’hôtel. Mais, à 33 ans, « Monem » n’est pas du genre à se plaindre, ne cesse de remercier ceux qui l’ont aidé, « cette France où la générosité, ça existe encore ». Il se donne deux ans pour « réussir » il ne sait trop dans quoi, le stylisme, le mannequinat… Loin, en tout cas, d’un pays et d’une « communauté » qui l’empêchent de suivre la mode, de s’épiler, de peigner et lisser ses cheveux longs, « d’être libre ».

Ce qui le tient debout, c’est le sport, deux heures par jour, même confiné entre lit et salle de bains, à « faire muscu, cardio, stretching », à travailler biceps, abdos, cuisses… « La vérité, j’aime trop mon corps », avoue-t-il en ouvrant ses grands yeux noirs. Le miroir pour se regarder, la douche chaque jour, la lumière et l’air après l’ombre humide de la cave, la nourriture assurée : « La vérité, ici, c’est le paradis. Personne ne me gêne. J’ai tout arrangé dans ma tête, j’ai pu réfléchir à ce que je n’étais pas, à ce que je voulais être, au rêve… » Il aurait aimé pouvoir rester un peu. Peut-être le temps de raser définitivement cette barbe virile qu’il garde en fouillis pour de nouveau affronter la rue : « La vérité, dehors, ça me fait peur… »

La fin de la trêve hivernale repoussée au 10 juillet

À quelques jours de la fin du mois de mai, le ministère de la ville et du logement, chargé du dossier, ne savait dire si ce « confinement des personnes vulnérables » pourrait se prolonger au-delà. À l’échelle nationale, plus de 12 700 places d’hôtels ont été mobilisées sur 21 000 places de mise à l’abri créées (au 19 mai). En tout, près de 178 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes et financées par l’Etat contre 157 000 avant le début de la crise sanitaire. La fin de la trêve hivernale étant reportée au 10 juillet, certains pensionnaires d’E tienne pourront peut-être poursuivre leur séjour.

Bruno, un ancien musicien, est devenu une figure de la rue à Toulouse. Ici dans sa chambre avant de prendre son petit déjeuner.
Bruno, un ancien musicien, est devenu une figure de la rue à Toulouse. Ici dans sa chambre avant de prendre son petit déjeuner. AXEL SAXE POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

« En tout cas, il va falloir me mettre un coup de pied au cul pour que je parte », rit Bruno en cachant sa bouche abîmée derrière sa main. À 74 ans, on dirait un cousin de Keith Richards avec son bandana rouge, son Perfecto et son tee-shirt à gueule de panthère. Bruno est l’une des figures de la rue à Toulouse. Il dit qu’il a choisi ce mode de vie en 2001, à la mort de sa femme, qu’il a parcouru le monde de la Californie à l’Australie en passant par le Sénégal, qu’il a été musicien pour Jacques Higelin, Brigitte Fontaine ou Paul Personne, qu’il a connu Christophe et son frère mécano, Jean Seberg et Romain Gary, Dewaere et Miou-Miou mais aussi le docteur Olievenstein et la désintoxication de l’hôpital Marmottan…

Toujours de bonne humeur, d’une extrême gentillesse et d’une culture monumentale, il raconte sa vie comme un roman, entre Les Clochards célestes, de Jack Kerouac, et Une vie française, de Jean-Paul Dubois. Le décor simple de l’hôtel l’a enchanté : « Ici, c’est chaleureux, j’ai l’impression d’être dans les années cinquante… Je suis un rêveur, cela me fait planer d’être là… » La sollicitude des bénévoles et travailleurs sociaux le touche, l’accueil réservé par Etienne le réconforte : « C’est dans le malheur qu’on voit le cœur des hommes. » Le virus qui a plongé le pays et le monde dans le chaos lui aura offert ces « rencontres et moments de bonheur. » Il lève son verre de côtes-du-rhône, trinque avec Etienne et répète l’un de ces mots préférés : « Cela aura été très doux. »

 

 


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