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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

La secrétaire générale de La Cimade dénonce : les enfermements arbitraires, les violences et les mises à l’isolement répétées, un climat de stigmatisation grandissante, les expulsions illégales

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Gresea - 11/3/2020

En analysant le continuum historique de l’intersectionalité des oppressions infligées hier, par les colonisations, aujourd’hui, par le colonialisme, ce nouveau numéro aborde la manière dont les politiques migratoires des puissances économiques contribuent à sauvegarder une division internationale du travail imposée par le capitalisme racial et patriarcal.

Un mode de vie uniforme au service des oppressions

 

En septembre 2019, la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, remplaçait l’intitulé du portefeuille du commissaire européen à la « Migration, aux Affaires intérieures et à la citoyenneté » par la « Promotion du mode de vie européen ». La mission du nouveau commissaire, le conservateur de centre droit Margaritis Schinas, portera essentiellement sur l’éducation, la migration et la sécurité. En associant la question migratoire à celles de la sécurité et de l’éducation, la Commission européenne cherche à promouvoir une Europe et des modes de vies présentées comme homogènes.

Cette vision uniforme et raciste devenue de plus en plus banale ainsi que la présentation d’Ursula von der Leyen comme femme modèle, qui est parvenue à faire carrière tout en étant mère de sept enfants, illustrent parfaitement le capitalisme racial et patriarcal tel que le définissent certaines féministes. Voilà l’objet de ce nouveau numéro qui cherche à analyser ce capitalisme racial et patriarcal en identifiant ses causes et ses conséquences sur les femmes des anciennes colonies, et plus particulièrement sur les immigrantes en Europe.

Les femmes migrantes sont fortement concentrées dans les secteurs non délocalisables correspondants au travail dit de « reproduction sociale ». Leur surreprésentation dans la prostitution, le nettoyage et l’aide à domicile des personnes dépendantes, en dit long sur le continuum des rapports d’oppression propres aux divisions sexuelle, sociale et internationale du travail imposées par les colonisations. Les prostituées, les nounous et les domestiques d’aujourd’hui sont les héritières directes des nourrices et des ménagères d’hier.

Dans un contexte où l’entrée massive des femmes dans le salariat n’a pas impliqué un véritable partage du travail domestique avec les hommes, la demande d’une main-d’œuvre toujours plus précaire pour s’occuper de ces « tâches » a fortement augmenté ces quarante dernières années. La salarisation des femmes, les coupes budgétaires, la marchandisation et la privatisation des services publics nécessaires à la reproduction de la vie (les soins, l’éducation, ou la petite enfance) entraînent un appel de travailleuses du Sud, chargées d’assurer le travail de reproduction. Comme le montre Chiara Giordano à travers sa recherche sur le secteur de l’aide à domicile pour les personnes âgées en Belgique, les réformes publiques et la libération des services renforcent la précarisation de ces emplois, dégradent les conditions de travail et soumettent d’autant plus ces travailleuses aux discriminations de genre, de classe, de « race » et de nationalité.

Si la surreprésentation des migrantes dans les secteurs de la reproduction sociale dévoile clairement la nécessité de ces travailleuses pour la reproduction de la vie dans les pays du Nord, les politiques de contrôle migratoires ne font que renforcer les violences envers les migrant.e.s, parmi lequel.le.s les femmes et les enfants sont particulièrement livrés aux violences sexuelles, psychologiques et aux risques de décès. À l’heure où la Commission européenne prévoit une augmentation budgétaire pour renforcer le contrôle migratoire, Pinar Selek montre, à travers l’étude de la frontière franco-italienne, les conséquences sociales de cette criminalisation de la mobilité sur les migrant.e.s tout en se centrant sur les femmes, invisibilisées derrière « l’universel masculin ».

En Belgique, l’inauguration d’un centre fermé pour femmes en juillet 2019, illustre la manière dont l’État conçoit des politiques spécifiques à la « féminisation de la migration ». Des militant.e.s de Getting the Voice Out, se sont rendu.e.s dans ce nouveau centre fermé afin de relayer la voix des détenues. Ce numéro reprend une partie des témoignages récoltés et publiés par ce collectif des militant.e.s qui, à l’heure de rédiger ces lignes, sont les seul.e.s à fournir des informations sur la violence d’État infligée aux femmes détenues dans ce centre pour avoir défié une législation consistant à interdire leur droit à la mobilité.

Loin d’être des victimes passives, les femmes s’organisent, résistent et se battent contre ces violences systémiques. Sur leur site internet, Getting the Voice Out relaye les résistances qu’elles et ils mènent dans les centres fermés. En 2018, des prostituées, majoritairement sans titre de séjour, ont mené une grève historique de deux jours à Bruxelles. En 2015, des femmes ont créé leur propre organisation en non-mixité, le Comité des femmes sans-papiers. Et, en 2018 a été fondée la Ligue des nettoyeuses domestiques, à l’initiative du MOC.

Par la publication de ces différentes analyses, documents et témoignages, ce numéro vise plus largement, à contribuer à la réflexion sur l’intersection des oppressions spécifiques au capitalisme racial et patriarcal. Une réflexion nécessaire à une convergence des luttes pour l’émancipation de toutes et de tous.


Gresea Échos N°100 Migrantes dans le capitalisme racial et patriarcal, décembre 2019

Sommaire GE100, décembre 2019, 40 pages

Édito : Un mode de vie uniforme au service des oppressions/Natalia Hirtz

De la colonisation au colonialisme/Natalia Hirtz

Travailleuses migrantes et transformations du marché de l’emploi/Natalia Hirtz

L’aide à domicile à Bruxelles : être femme et migrante dans un métier peu valorisé/Chiara Giordano

Multiples frontières pour les femmes. Le cas de la frontière franco-italienne/Pinar Selek

Un nouveau centre fermé pour les femmes à Holsbeek/Getting the Voice Out

A Bruxelles les femmes sans-papiers s’organisent/ Ligue des travailleuses domestiques et Comité des femmes sans-papiers

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

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