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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : STREETPRESS - Tomas Statius , Tommy Dessine - 16/4/2018

Bavures en serie au centre de retention du Mesnil Amelot 27 plaintes en 2017

UN POLICIER ME HURLAIT "FILS DE PUTE RETOURNE DANS TON PAYS" TOUT EN ME DONNANT DES COUPS DE POING

Insultes racistes, passage à tabac loin des caméras, crachat au visage... StreetPress s'est procuré 27 plaintes pour violences policières, déposées par des étrangers retenus au centre de rétention du Mesnil-Amelot, pour la seule année 2017.

Mesnil-Amelot (77) - Au bout des pistes de l’aéroport de Roissy, la grande bâtisse aux fenêtres striées de barreaux a tout d’une prison. Derrière les hauts murs qui enserrent le centre de rétention administrative (Cra), près de 160 sans-papiers attendent une possible expulsion, soumis aux humeurs des policiers chargés des lieux. Crachat au visage, insultes à caractère raciste, étranglements, passages à tabac, mais aussi brimades et humiliations, ici les abus des fonctionnaires sont légion. StreetPress s’est procuré 27 plaintes, déposées au cours de la seule année 2017, par des étrangers « retenus » dans cette prison qui ne dit pas son nom.

La grande majorité – 13 plaintes – concerne des faits de violence commis à l’intérieur même du centre. « L’un deux [un policier] m’a fait un balayage des jambes et m’a frappé avec le coude au niveau de la mâchoire », écrit ainsi Ryad (1). « [Un policier] chauve a commencé à me frapper très fort, surtout au visage. (…) Un troisième policier a utilisé un taser sur moi. J’ai tremblé et je suis tombé à terre inconscient », relate quant à lui Dawood (1). Sept témoignent de violences policières commises lors de l’interpellation des retenus. « J’ai été poussé au sol et contre un mur. J’ai eu la main droite fracturée », explique par exemple l’un d’entre eux. Les sept restantes concernent des violences commises durant des expulsions (cinq plaintes) ou des transferts (deux).

Existe-t-il d’autres plaintes dont nous n’avons eu connaissance ? Contacté par StreetPress, le procureur de la République de Meaux n’a pas été en mesure de nous répondre. Il précise cependant qu’aucune n’a, à ce jour, aboutit à une condamnation. Plusieurs retenus font, par ailleurs état de pression et de leur inquiétude à l’idée de témoigner contre la police. Comme Diame (1) :

« J’ai mis un peu de temps car j’avais peur des représailles. »

Ces plaintes livrent toutefois un aperçu brut de la violence qui règne derrière les grilles de la plus grande prison pour sans-papiers de France.

Tasé à la volée

Au printemps 2017, Adrian (1) reçoit une heureuse visite. Sa fille et sa femme ont décidé de venir le voir. Cela fait trois semaines que ce citoyen roumain est enfermé au centre de rétention administrative, dans l’attente de son expulsion. Au distributeur du centre, Adrian achète des chocolats pour les offrir à sa môme. Alors qu’il s’apprête à les lui donner, « 4 policiers (2 hommes et 2 femmes) sont entrés. Ils ont commencé à me coller de force contre la porte. Ils m’ont pris à la gorge, m’ont frappé », raconte Adrian :

« [Puis] les policiers m’ont emmené hors de la salle de visite. L’un d’eux m’a mis des coups de poing à la tête et à l’abdomen et m’a cogné la tête contre le mur. Une des policières, qui avait des cheveux teintés de rouge, m’a craché dessus. »

Quand il annonce vouloir saisir la justice, l’un des policiers l’aurait menacé. « Il m’a dit que si je portais plainte, j’irais en prison », avant de détruire son téléphone d’un coup de talon, soutient le jeune homme.

 « Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café » / Crédits : Tommy Dessine  « Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café » / Crédits : Tommy Dessine

C’est une histoire de café, cette fois, qui a valu à Dawood une altercation avec les officiers de police du centre. À l’été 2017, le jeune homme d’une vingtaine d’années s’approche des deux policiers qui gardent l’entrée de la zone de vie du Cra. Il veut simplement acheter un expresso à la machine à café, installée juste derrière eux :

« Les policiers répondent “No coffee, no coffee”. »

Dawood proteste. Les esprits s’échauffent. Les fonctionnaires le frappent au visage, affirme-t-il. Avant qu’un tir de taser ne le mette K.O. Dawood est ensuite emmené aux urgences. A son retour, il est menotté aux poignets et aux chevilles. Les policiers lui auraient même enfilé un casque sur la tête. Ainsi entravé, il aurait passé la nuit dans l’une des cellules d’isolement du centre.

Vie quotidienne

Dawood et Adrian ne sont pas les seuls à avoir passé un sale quart d’heure. Une demi-douzaine de plaintes décrivent des scènes similaires. À la lecture de ces PVs, ce sont les contours d’une violence inscrite dans la vie quotidienne du centre qui se dessine. Diame a reçu des claques alors qu’elle sortait de sa chambre. Amina (1), quant à elle, venait chercher le petit-déjeuner quand « deux policiers, un homme et une femme sont arrivés » :

« Sans un mot, la femme m’a fait une clé de bras très douloureuse et m’a attrapé par le cou alors que je ne me débattais pas. »

Des larmes coulent sur les joues de la jeune femme. La policière lui explique alors que l’heure du petit-déjeuner est passée.

« Un policier m’a étranglé au niveau de la porte d’entrée, près de la machine à café », écrit de son côté Saïd (1) dans une plainte déposée à l’hiver 2017. L’ado, pressant, voulait faire de la monnaie au bureau de l’office français pour l’immigration et l’intégration, pour acheter un soda, affirme-t-il. Le policier a peu goûté son impatience. C’est au seuil de la lingerie que Marwan (1), lui, a eu affaire aux policiers. Fin février 2017, à 9h, le jeune tunisien est en route pour faire sa lessive quand « un policier a donné un coup de pied dans mon linge ». Le fonctionnaire demande au jeune homme de sortir de la pièce. Ce dernier refuse :

« Il m’a étranglé contre le mur en me maintenant d’une main à la gorge, de l’autre le poignet et avec son genou contre mon ventre.  »
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A l’abri des regards

Selon plusieurs retenus, les policiers mettent également en place des stratégies pour ne pas laisser trop de traces quand ils dépassent les bornes. Lakdar (1) raconte ainsi que les fonctionnaires l’ont emmené en « salle de visite », loin des caméras, pour lui administrer une correction.

Selon d’autres, c’est plutôt en cellule d’isolement que se déroule une partie des violences. Comme pour Bogdan (1). Avril 2017 vers 17h, il est dans les bureaux de l’OFII, quand son interlocuteur lui demande d’aller chercher sa carte de retenu qu’il a oublié dans sa chambre. En revenant, il tombe sur un policier. « Ho, tu vas où toi ? », interroge ce dernier. Le jeune homme, originaire de Roumanie rétorque qu’il est attendu. Le fonctionnaire conteste et le repousse. Le ton monte. Bogdan est frappé au torse, déclare-t-il, avant de subir « une clé d’étranglement ». Le jeune homme aurait ensuite été envoyé au mitard pour un quart d’heure. Le temps pour cinq policiers de lui demander de s’excuser. « Sinon c’est 45 jours au mitard. On est pas en Roumanie, ici », aurait lancé l’un des fonctionnaires.

Momo le terrible

Dans les couloirs du Mesnil-Amelot, son nom circule souvent, mais à demi-mot. « Momo » ou Mohammed, est l’un des policiers en civil affectés au Cra 3. Deux plaintes le visent, comme celle de Baccar (1). Après avoir séparé ce presque quadragénaire de deux autres retenus qui tentaient de lui dérober ses affaires, Momo l’aurait emmené dans une salle d’isolement où il l’aurait menacé : « Moi je peux te taper ici, je peux te laisser ici, personne ne va rien voir. Il n’y pas de caméra ni personne. »  Avant que son collègue ne lui donne une gifle.

Mario (1) affirme avoir vécu une scène similaire. Tout part d’une complainte du jeune homme, plutôt mal en point, qui souhaitait se rendre à l’infirmerie. Avant de changer d’avis. Momo voit rouge. Il l’aurait poussé jusqu’au local où sont rangés les bagages des retenus, affirme le jeune homme. Devant cinq ou six policiers, Mohammed l’aurait frappé à plusieurs reprises. Face au protestation du jeune homme, les policiers opposent :

« T’avais qu’à pas venir en France. »

« You will go to Afghanistan, and you will cry »

Plusieurs plaintes visent également des faits de violence commis au cours d’expulsions. Certains récits, plutôt détaillés, ont tout du calvaire. Comme Vlad (1), kosovar, dont la tentative d’expulsion avortée s’est achevée dans un déluge de violence. Pieds et poings liés, l’homme proteste au milieu d’une nuée de policiers et de passagers interloqués :

« Un policier me tenait les pieds tandis qu’un autre en uniforme me hurlait dessus “fils de pute retourne dans ton pays” ou “ferme ta bouche sale chien” tout en me saisissant à la gorge et en me donnant des coups de poing sur le visage et derrière le crâne. »

Il finit par descendre de l’avion, face aux protestations du commandant de bord. Ahmet (1) a vécu peu ou prou la même histoire. On l’emmène à l’aéroport. Lui aussi est attaché. Lui aussi proteste. « [Les policiers] menaçaient qu’ils me battraient si j’adressais la parole aux autres passagers. » Quelques minutes plus tard, les fonctionnaires joignent le geste à la parole, affirme le jeune afghan. Coups de poing, de coude, de genou et tentative d’étranglement pour l’empêcher de parler. Là aussi, le commandant de bord met fin au déluge de viomence. « Tu vas voir, on va t’envoyer en Afghanistan et tu vas pleurer », bougonne finalement un policier.

Centre de rétention 2
« [Un policier] chauve a commencé à me frapper très fort, surtout au visage. » / Crédits : Tommy Dessine

Idem pour Marek (1). On l’emmène du Cra de Metz à l’aéroport Charles-de-Gaulle. L’homme doit embarquer sur un vol à direction de Pristina (Kosovo). Le jeune homme, jambes croisées, est entravé en 3 endroits « aux chevilles, aux genoux et aux cuisses. De sorte que ma circulation sanguine était coupée », explique-t-il dans son dépôt de plainte. Dans l’appereil, les policiers le frappent, à de nombreuses reprises, affirme Marek :  

« Ils m’ont jeté sur les sièges du fond de l’avion (…) [puis] huit policiers ont commencé à me frapper. »

Les coups durent presque 15 minutes, soutient le jeune homme. Les passagers sont choqués. Marek descend de l’avion :

« Je n’arrivais plus à respirer. »  

Encore une fois, l’expulsion sera repoussée et Marek atterrit au Cra du Mesnil-Amelot.

Et la suite ?

Malgré ces 27 plaintes déposées sur la seule année 2017, les chances de voir un procès sont minces. Contacté par StreetPress, le procureur de la République de Meaux, Dominique Laurens, indique que « la plupart » des plaintes ont été classées « sans suite dans la mesure où il est démontré qu’en réalité les violences alléguées sont commises dans le cadre d’une intervention justifiée. » Certaines sont encore en cours d’instruction. Quant aux plaintes relatives à des faits commis hors du Cra, elles ont été transmises au parquet compétent. Mais à notre connaissance, aucun de ces dossiers n’a – pour le moment – abouti à un procès.

(1). Les prénoms ont été modifiés.
Contacté par StreetPress, la Direction générale de la police nationale n’a pas répondu à nos questions et nous a renvoyé vers le Parquet.

 

Vite dit

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

petition2 Macron
«La santé est un droit universel. Signez pour que tout le monde puisse se protéger et être soigné du Coronavirus.»

M. Macron, votre gouvernement doit être la première barrière au coronavirus

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