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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Bastamag - Grégoire Souchay - 15/11/2017

Le 7 novembre dernier, les députés visitaient des lieux de privation de liberté, accompagnés de journalistes. Près de Toulouse, Basta ! a pu pénétrer dans le centre de rétention administrative de Cornebarrieu, où sont enfermées des personnes sans-papiers dans l’attente d’une décision de justice. Erigé dans une zone inconstructible, au bord des pistes de l’aéroport de Blagnac, ce centre a été mis à l’index il y a quelques années par la Cour européenne des droits de l’homme pour traitement dégradant à l’égard d’enfants. Reportage.

« Bonjour. Michel Larive, député de l’Ariège. » Le portail s’ouvre et la délégation pénètre dans le Centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu, près de Toulouse, dans le cadre d’une visite des lieux de privation de liberté. Pas de photos, pas d’enregistrement audio, « pour raisons de sécurité », précisent les guides, le commandant Amiel, responsable du lieu, accompagné d’un brigadier. Les centres de rétention sont ces lieux où l’on enferme des personnes, sans-papiers ou dont le titre de séjour a expiré, avant leur hypothétique expulsion ou libération. Un endroit « en attente de », aménagé pour répondre à l’unique problématique de la sécurité. Il en existe 25 sur le territoire.

A l’intérieur d’un centre de rétention administrative_dans l’antichambre des expulsions_1.jpg

Dans le couloir, un téléphone à jetons pour appeler à l’international. Les smartphones, avec appareil photo, sont interdits : « Certains l’utilisaient pour faire des plans et s’évader. » Autre symbole : la télévision, dans une salle réservée à cet usage, est encastrée dans une cage métallique, dominant un inconfortable banc, en métal lui aussi. Tout est à l’avenant : pas de dossier aux chaises, car « ils pouvaient les arracher pour se battre ».

« Comme dans les colonies des années 70 »

Pas de réglage de température de l’eau de la douche, juste un jet automatique. Quinze chambres de deux par secteur, trois secteurs pour les hommes, un pour les femmes, et un dernier, spécifique au CRA de Toulouse, pour les familles avec ou sans enfants. Avec 126 places, c’est l’un des plus gros centres du pays, hors région parisienne.

Dans le quartier des hommes, des grillages serrés décorent les fenêtres. L’unique porte-manteau de la chambre lâche automatiquement si on y suspend un poids trop important, pour éviter les suicides. C’est aussi pour des raisons de sécurité que les retenus sont toujours deux minimum. « En cas de problème, comme il n’y a pas de caméra dans les chambres, c’est souvent le deuxième qui peut nous alerter. » Comme mobilier, deux lits en tôle fixés au sol avec un matelas sommaire, « comme dans les colonies des années 70 », lance le commandant, mi-ironique, mi-sérieux.

A linterieur dun centre de retention administrative dans lantichambre des expulsions

S’y ajoutent deux étagères et deux chaises. Enfin, une fenêtre donne sur trois rangs de barbelés, le gazon ras, les pistes et les avions de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Une facilité pour l’expulsion, mais une double difficulté pour les occupants du lieu. D’abord, la nuisance sonore, pendant les décollages et les atterrissages. Ensuite, l’éloignement du centre, qui rend difficile l’accès aux visiteurs, dans une zone à une demi-heure du centre-ville de Toulouse.

Novlangue de l’enfermement

Le commandant Amiel le reconnaît volontiers : « N’importe qui, au bout de 15 jours dans un espace en privation de liberté, pète les plombs. » La rétention des personnes sans titre de séjour peut pourtant se prolonger jusqu’à 45 jours, garde-à-vue de 48 heures comprise. Le gouvernement envisage de la doubler jusqu’à 90 jours. L’enjeu est donc de gérer les tensions, les bagarres, le mal-être, sans remettre en cause le fonctionnement de la structure. Pour les plus incontrôlables, il y a même une cellule d’isolement sous surveillance permanente, un « mitard ».

Vous pensez à une prison ? C’est toute l’ambiguïté : un CRA ne « détient » pas des personnes attendant « l’expulsion », elle les « retient » avant de procéder à leur « éloignement ». Elles ne sont pas « confinées » dans une « cellule », elles « occupent » des « chambres » mais toujours au sein d’un bâtiment fermé. Rappelons qu’ici, le seul délit commis est celui de ne pas avoir de papiers en règle.

Les retenus ont quand même accès à un baby foot, une cour extérieure et à « un espace de déambulation » permettant de rejoindre le réfectoire, l’infirmerie, les bureaux de l’Office français de l’immigration et, surtout, de la Cimade, seule association disposant d’une permanence sur place, spécialisée dans l’accompagnement juridique.

« On enferme de plus en plus, à tout prix, c’est une fuite en avant »

« Vous arrivez pile au bon moment », lance Léo Claus, coordinateur de l’équipe locale de la Cimade. Depuis début octobre, les centres de rétention sont « pleins à craquer ». Avec une capacité maximum de 126 places, le CRA de Cornebarrieu ne dispose que d’un effectif en capacité de gérer une cinquantaine de « retenus. » Lors de notre passage, ils étaient 83 à l’intérieur.

A l’intérieur d’un centre de rétention administrative_dans l’antichambre des expulsions_4.jpg

Pourquoi un tel afflux ? La faute à l’attentat de Marseille. L’auteur du double meurtre, le 1er octobre dernier dans la gare Saint-Charles, aurait dû être en rétention au moment des faits. Résultat : un préfet limogé pour l’exemple et des consignes du ministère de l’Intérieur. Dans une circulaire du 16 octobre, il demande aux préfectures « l’éloignement des personnes représentant une menace pour l’ordre public et sortant de prison » et recommande le placement des personnes en rétention administrative « dès lors qu’elles présenteront un risque de fuite » avec « recherche des possibilités de placement dans d’autres CRA ».

Depuis, la règle est de placer directement en CRA toute personne sans-papiers arrêtée. A l’intérieur cela crée un climat « très tendu », encore plus que d’habitude. Les situations deviennent absurdes. Elsa Putelat, salariée de la Cimade, raconte la situation ubuesque d’un (« homme venu du Kosovo, 45 ans, sans antécédent judiciaire, en France depuis des années, trois enfants scolarisés, mais sans titre de séjour. Arrêté dans l’Ain, il a été placé à Toulouse. »)

Autre exemple, « Monsieur B, demandeur d’asile, arrêté et placé en rétention alors que la préfecture lui avait déjà accordé un rendez-vous pour sa demande d’asile ». Son collègue soupire : « On enferme de plus en plus, à tout prix, c’est une fuite en avant. » On en est donc là, « au bord de la rupture », de l’aveu commun des associations et du responsable du centre. Le message est bien compris par le député France Insoumise Michel Larive. A la sortie, il dénonce cet « effet Marseille ».

 

Écoutez Michel Larive, à la sortie du CRA (1 mn)

Le fond du problème est peut être ailleurs, dans l’existence même de ces centres de rétention administrative. Un CRA répond aux besoins de l’administration, pas à ceux des sans-papiers. Si les retenus disposent ici du minimum vital, les témoignages affluent depuis des années sur les problèmes au quotidien : vacarme des avions le jour, cris la nuit, calmants qui abrutissent les gens, violences dans les expulsions ou entre retenus... Et pour tout cela, trois infirmières en journée et un médecin à mi-temps. Pas de psychologue, pas de psychiatre, pour des personnes qui ont souvent fui ou traversé des situations traumatisantes.

Autre problème soulevé par la Cimade dans dernier son rapport, (à télécharger ici) la séparation des familles, une « spécialité de la Préfecture de Haute-Garonne » et l’enfermement des enfants, même pour une courte durée. Cela a conduit à la condamnations de la France en 2016 par la Cour européenne des droits de l’Homme pour « traitements inhumains ou dégradants ». Sur cinq plaintes, quatre concernaient le CRA de Cornebarrieu. Un an plus tard, « la machine à expulser s’affole », dénonce la Cimade dans un communiqué du 9 novembre. Elle pointe les « pratiques administratives ou policières illégales » heureusement sanctionnées par les juges et, de nouveau, la séparation de familles, ainsi que la menace d’expulsions contre des réfugiés fuyant des pays à risques (Afghanistan, Érythrée, Soudan).

Certains considèrent qu’un CRA est « pire qu’une prison ». Au moins, en prison, on connaît le motif de l’incarcération et la durée de sa peine. Dans un CRA, « les personnes ne savent ni pourquoi ni jusqu’à quand elles sont là », explique Michel Plassat, de l’association Cercle des voisins. Les bénévoles de cette association réalisent, depuis l’extérieur, un suivi des situations, notamment en se rendant quotidiennement devant le juge des libertés. Les audiences se déroulent chaque après-midi, 7 jours sur 7 et ressemblent le plus souvent à une implacable loterie. C’est néanmoins la seule instance de régulation de l’enfermement des sans-papiers. Petite lumière dans ce paysage : une récente jurisprudence permet désormais de remettre en liberté les « Dublinés », ces personnes entrées clandestinement en Europe et enregistrées dans un autre pays.

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Même après la libération, les problèmes continuent. Relâché en pleine nuit, sans arrêt de bus à proximité et à plus de 20 km du centre de Toulouse, comment rentrer chez soi ? Plutôt que de pallier ses propres défaillances, l’administration fait reposer sa responsabilité sur le Cercle des voisins. « Le CRA nous appellent quand ils libèrent des personnes fragiles », explique Michel Plassat. L’occasion de recueillir quelques témoignages directs. Autrement, il faut se rendre au parloir – nommé « salle de visite » – pour rencontrer une personne pendant 30 minutes. Certaines émissions de radio libre parviennent parfois à joindre directement des personnes à l’intérieur via le téléphone public du « centre ».

En quittant les lieux, une sensation d’impuissance domine, face à une logique absurde où « chacun ne fait que son boulot ». Comme si ces centres gris et froids n’étaient qu’un triste reflet d’une société qui oublie et se fiche du sort de ceux et celles qui vivent dans ses marges, qui ne rentrent dans aucune case sinon celle d’être privé de dignité parce que privés de papiers.

Texte et photo : Grégoire Souchay

Dessins : copyright Editions des Rond dans l’Ô, issus de l’ouvrage "CRA", Meybeck, 2014 (pour se procurer la BD, c’est ici)

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Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

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