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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Source : Le Monde - Frédéric Bobin - 24/08/2017

L’enfer migratoire de la Libye, 2/3. Sur le littoral de la région de Tripoli où se concentrent les départs vers l’Italie distante d’à peine 300 kilomètres, les contrebandiers font la loi.

Lire aussi « En Libye, nous ne sommes que des esclaves » (1/3)

Les colonnes de marbre se dressent face au bleu profond de la Méditerranée. Elles sont comme des sentinelles meurtries avec leur grain ébréché, assailli par le sel marin. Il y a quelque chose de poignant dans les ruines de Sabratha, décombres de forums et de temples, vestiges de théâtre et de thermes qui témoignent d’une gloire révolue, celle de la Rome antique qui brilla jadis sur ce littoral de la Tripolitaine.

L’œil pourrait s’en griser sans relâche, et pourtant voilà qu’il s’accroche à ce paquet de caoutchouc échoué sur le sable. Le volume oblong est dégonflé, grosse galette ratatinée. On finit par comprendre que la marée libyenne a rejeté sur la plage de Sabratha un Zodiac rabougri par l’usage. A-t-il sombré au large ? Ou l’a-t-on laissé là, esquif épuisé par de trop lourdes charges ?

Il n’y a rien de plus naturel, dans la Libye actuelle, que de trouver des Zodiac sur le sable de Sabratha. La cité côtière est devenue la principale plate-forme de départ vers l’Europe. En Italie, elle obsède, avec ses centaines voire ses milliers de migrants qui embarquent chaque semaine à bord de bateaux pneumatiques vers l’île de Lampedusa, distante d’à peine 300 kilomètres. Cette route de la Méditerranée centrale supplante désormais de loin celle de la Méditerranée orientale – par la Turquie, puis la Grèce –, qui s’est tarie depuis l’accord signé, en mars 2016, entre Bruxelles et Ankara.

A Sabratha, on jette les canots sur les flots non loin du site archéologique, sur les plages de Tellil ou d’Al-Wadi. L’eau y est peu profonde et un chalutier ne s’y hasarderait pas sans risque d’ensablement, mais depuis que les Zodiac ont remplacé les bâtiments de pêche dans la folle course à la compression des coûts, le détail est secondaire.

Redistribution géopolitique des migrations

Des milliers de migrants patientent à proximité de ces rampes de lancement, dans des fermes, des hangars ou des baraquements installés sur la plage même. « Rien qu’à Al-Wadi, ils sont entre 700 et 800 à attendre sous des tôles entourées de hauts murs de sable », raconte un témoin qui a eu accès à l’endroit.

On ne s’en approche pas aisément. Des gardes armés veillent nerveusement : l’affaire est devenue trop juteuse. A l’échelle de la seule Libye, le marché de l’émigration illégale vers l’Europe génère entre 1 et 1,5 milliard de dollars (jusqu’à 1,25 milliard d’euros) de revenus par an, selon une évaluation d’International Crisis Group (ICG).

Amphithéâtre romain du IIe siècle, sur le site archéologique de la ville de Sabratha, le 20 juillet. 

Deux raisons principales expliquent l’émergence de cette économie migratoire dont la Libye est devenue le foyer. Il y a bien sûr le chaos post-Kadhafi, qui a créé un appel d’air pour les trafiquants de tout acabit. Mais il y a aussi la redistribution géopolitique des migrations traversant la Libye. Historiquement, le pays était surtout un lieu de transit pour des personnes en provenance d’Afrique de l’Est, principalement de la Corne de l’Afrique. Le circuit était intégré : paiement unique, filière de passeurs homogène et au bout du compte une traversée de la Libye au pas de course.

Depuis la révolution de 2011, ces réseaux établis, jadis tolérés par Kadhafi, ont été concurrencés par de nouveaux acteurs qui ont sollicité et activé d’autres bassins migratoires, notamment en Afrique centrale et occidentale. Ainsi le Nigeria a ravi à l’Erythrée le rang de principal pays d’origine, et les Guinéens sont devenus plus nombreux que les Somaliens.

Migrants exposés à tous les abus

Ce basculement géographique s’est accompagné d’un bouleversement du modèle économique : le circuit intégré s’est fragmenté, les clients payant au fil des segments d’un parcours de plus longue durée et plus aléatoire. Privés de passeurs stables, les migrants sont exposés à tous les abus. Avec une telle dérégulation du marché, les prix ont chuté, dopant d’autant plus une demande peu informée ou peu sensible aux nouveaux risques encourus.

Le long de son arc de plages et de criques, Sabratha a été le théâtre de toutes ces mutations. Ahmed Al-Dabbashi, dit Al-Ammu (« oncle »), est considéré comme le plus puissant des parrains locaux supervisant les départs de migrants. Les Nations unies (ONU) le citent dans leurs rapports. Chef de la principale milice de Sabratha, la Brigade des martyrs Anas Al-Dabbashi – nom d’un cousin tué pendant la révolution de 2011 –, le trentenaire, ancien marchand ambulant, a fait bien du chemin.

Tracy est Nigériane originaire d'Abuja, elle a 21 ans et est enfermée dans le centre de détention pour migrantes de Sourman depuis six mois. Elle s'est faite arrêtée par les gardes-côtes libyens alors qu'elle tentait la traversée en Italie. Ce centre enferme 230 personnes dont 27 enfants. Les conditions sont difficiles, la nourriture est mauvaise et servie en petite quantité, l'eau est non-potable et salée. Les problèmes majeurs sont le manque d'assistance médicale, le lait et les couches pour les bébés, qui ne sont plus distribuées depuis deux mois. Le 20 juillet 2017 à Sourman.

Tracy est Nigériane originaire d'Abuja, elle a 21 ans et est enfermée dans le centre de détention pour migrantes de Sourman depuis six mois. Elle s'est faite arrêtée par les gardes-côtes libyens alors qu'elle tentait la traversée en Italie. Ce centre enferme 230 personnes dont 27 enfants. Les conditions sont difficiles, la nourriture est mauvaise et servie en petite quantité, l'eau est non-potable et salée. Les problèmes majeurs sont le manque d'assistance médicale, le lait et les couches pour les bébés, qui ne sont plus distribuées depuis deux mois. Le 20 juillet 2017 à Sourman. Crédits : SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Il n’embarrasse pas seulement l’Italie en lançant ses Zodiac emplis de migrants vers l’île de Lampedusa, il illustre aussi les formidables contradictions qui brouillent la politique de Rome à l’égard de la Libye. La milice de « l’oncle » a ainsi conclu un accord avec la compagnie d’hydrocarbures italienne ENI permettant à cette dernière de garder son complexe gazier de Mellitah, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Sabratha.

L’homme qui assure la sécurité des actifs gaziers italiens en Tripolitaine est donc le même que celui qui alimente l’immigration illégale dans la Péninsule… Telle était en tout cas la situation jusqu’à la mi-juillet. Depuis lors, une milice locale hostile au trafic de migrants a fait son apparition, ce qui expliquerait le fléchissement – provisoire ? – des départs depuis Sabratha.

Violence et insécurité permanentes

Issu d’une famille omnipotente de Sabratha, Ahmed Al-Dabbashi avait commencé sa carrière dans la filière historique de la Corne de l’Afrique. Quand des rivaux ont commencé à se manifester alentour, ils se sont livrés à des enlèvements de ses clients lors de leur acheminement vers Sabratha. « Il s’agissait tout à la fois de le priver de revenus et d’endommager sa réputation », résume un observateur. L’année 2015 va toutefois faire basculer durablement le rapport de forces en faveur de « l’oncle ».

En septembre de cette année-là, Zouara, cité de l’extrême ouest du littoral et haut lieu du réveil identitaire amazigh (berbère), décide brutalement de chasser les passeurs de la commune à la suite d’un naufrage ayant rabattu près de deux cents cadavres sur les plages sous les yeux de familles entières. Le conseil municipal charge une milice d’hommes encagoulés – surnommés les « hommes masqués » – de traquer les contrebandiers.

L’affaire est d’importance, car Zouara était jusqu’alors la capitale en Libye du trafic de migrants vers l’Europe. Les contrebandiers de Zouara, dont l’expertise est très prisée, ne resteront pas longtemps inactifs. « L’oncle » de Sabratha, ville voisine, les accueille à bras ouverts. « Ahmed Al-Dabbashi a senti l’argent à gagner, souligne une source libyenne. Il a autorisé les passeurs de Zouara à s’installer sur son territoire à condition qu’ils paient sa protection. » Ainsi Sabratha est devenue, à partir de 2016, le nouveau centre libyen pour les départs vers l’Europe. Zouara, elle, s’est reconvertie dans la contrebande à grande échelle de l’essence subventionnée, notamment vers Malte.

Dans le centre de détention pour migrantes de Sourman, près de Sabratha, le 20 juillet. Deux jours auparavant, un convoi de la police acheminant 80 femmes et 10 enfants depuis le centre mixte de Gharyan a été attaqué par une milice de passeurs de Zaouia. Tous ont été enlevés de force par les passeurs.
Dans le centre de détention pour migrantes de Sourman, près de Sabratha, le 20 juillet. Deux jours auparavant, un convoi de la police acheminant 80 femmes et 10 enfants depuis le centre mixte de Gharyan a été attaqué par une milice de passeurs de Zaouia. Tous ont été enlevés de force par les passeurs. Crédits : SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

Quand les migrants racontent leur passage à Sabratha, ils évoquent une violence et une insécurité permanentes. Les hangars où ils attendent la nuit opportune sont de simples logis ou des prisons privées, là où sont détenus ceux qui n’ont pas encore payé le passage. Si les propriétaires sont libyens, les gardes sont souvent des Africains subsahariens, anciens migrants eux-mêmes, victimes devenues bourreaux. « Des Nigérians travaillent pour eux », dit Ernest Ikpotokin, un Nigérian rencontré à Misrata (est de Tripoli).

Pannes qui dégénèrent en naufrage

Le danger est partout, sur terre comme sur les eaux. Le risque de naufrage s’est multiplié avec le recours généralisé aux bateaux pneumatiques de 9 mètres made in China, où s’entassent environ 130 personnes. Nombre de ces canots sont importés clandestinement, selon un témoin, dans les soutes de bateaux s’approchant de Zouara pour charger de l’essence libyenne subventionnée, vendue 65 fois plus chère à Malte. Exemple banal du croisement des réseaux de contrebande.

Le « capitaine » du Zodiac, qui tiendra le moteur, est en général un migrant lui-même qui bénéficiera d’une ristourne sur le prix de son trajet. Les passeurs ne montent quasiment plus à bord, de peur de se faire arrêter par les navires européens de l’opération Sophia contre le trafic de migrants.

Un second passager se verra confier une boussole et un téléphone satellite de type Thuraya permettant d’appeler les navires de secours, une fois les eaux internationales franchies. Mais on aura versé dans le réservoir le moins d’essence possible, économies obligent. D’où la fréquence des pannes qui dégénèrent en naufrages.

Une fois au large, s’il n’a pas affaire aux gardes-côtes libyens, le canot devra affronter les « Asma boys » sur leurs jet-skis. La pratique est en pleine expansion. Les « Asma boys », dans le vocabulaire du migrant, sont les garçons des rues qui interpellent les Africains subsahariens, dans les centres urbains, d’un « asma, asma ! » (« écoute, écoute ! ») pour les attirer à eux et les détrousser. La nouveauté est qu’ils sévissent désormais sur les flots. A cheval sur leurs scooters de mer, ils abordent les Zodiac qui ont quitté le littoral à peine une heure plus tôt. Ils sont armés de kalachnikovs, racontent les migrants.

Cycle infernal

Maurice Sobze, un Camerounais rencontré dans le sud-est tunisien, se souvient de sa sortie de Sabratha : « Les Asma boys sur leurs jet-skis nous ont demandé : “Vous êtes les clients de qui ?” On a répondu : “De Mohamed.” C’est le nom du chef de notre réseau de passeurs. Ils nous ont laissés passer. Mais la fois précédente, ils nous avaient pris le moteur, nous forçant à retourner à terre. » Avec un prix qui a grimpé jusqu’à 80 000 dinars libyens (environ 8 300 euros), les moteurs de Zodiac sont devenus un gros enjeu dans les guerres de gangs au large des côtes libyennes.

Si le bateau de Maurice Sobze a pu passer la seconde fois, c’est que « Mohamed » avait entre-temps versé sa dîme aux Asma boys. Mais certains chefs de réseaux refusent de payer. Ils font alors escorter les Zodiac par leurs hommes armés jusqu’en haute mer. Dans tous les cas, la sécurité a un coût, assumé au final par le client. Ainsi, le prix de la traversée de la Méditerranée a récemment augmenté, de 1 000 à 1 500 dinars (156 euros).

Comble de l’humiliation, certains migrants sont convaincus d’avoir été trahis par leurs propres passeurs. « En fait, ce sont les passeurs qui appellent les Asma boys pour les informer du départ des Zodiac, assure Clifford Njokw, un Nigérian rencontré à Misrata. Car ils veulent récupérer à la fois le moteur, le bateau et les passagers. »

Clifford Njokw a ainsi été arrêté « quatre fois » en mer. A chaque retour, il a été placé en détention – officielle ou sauvage, il ne sait plus –, soumis aux coups. Les trois premières fois, il a acheté – par l’intermédiaire de sa famille au Nigeria – sa libération et un nouveau trajet, comme piégé dans un cycle infernal.

Cette fois-ci, il renonce, il veut juste « rentrer au pays ». Crâne rasé, corps tout en muscles, Clifford Njokw rêvait de devenir footballeur en Europe. La désillusion a été brutale. « Sur mes dix-sept mois en Libye, j’en ai passé treize dans une cellule, calcule-t-il. Dans ce pays, dès que tu sors, on t’attrape. »

Vite dit

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

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20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

petition2 Macron
«La santé est un droit universel. Signez pour que tout le monde puisse se protéger et être soigné du Coronavirus.»

M. Macron, votre gouvernement doit être la première barrière au coronavirus

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