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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Amaury Hauchard et Agathe Charnet - 22/01/2016

Le paragraphe qui décrivait l’enfer vécu par Souleymane a disparu à la traduction. Des agents politiques se glissent parfois parmi les traducteurs proposés aux migrants et altèrent leur histoire.

Au milieu de l’insouciance tapageuse d’un café parisien, Souleymane* soupire : « J’aimerais comprendre pourquoi tout ceci m’arrive. Je suis celui qui a souffert et on ne respecte pas mon histoire. » Le demandeur d’asile érythréen a le regard inquiet, le geste nerveux. Comme plus d’un millier de ses compatriotes en 2015, il a soumis son « récit de vie » à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ce faisant, il débute une démarche qui le mènera peut-être, dans quelques mois, à l’obtention du statut de réfugié politique.

Pour coucher sur le papier l’histoire de sa vie cabossée, il a dû se faire aider d’un traducteur en langue nationale érythréenne, le tigrigna. Souleymane s’est adressé à une association d’aide aux migrants, située en banlieue parisienne, qui recourt à des sociétés de traduction assermentées. Mais, quelques jours plus tard, une fois le document entre les mains, Souleymane reste sans voix : un paragraphe entier de son récit a disparu dans la version française. Un pan de sa vie oblitéré. Des détails primordiaux ont aussi été édulcorés ou supprimés. L’auteur de cette traduction, contacté par Le Monde, n’a pas souhaité s’exprimer.

« Je veux comprendre qui a fait ça »

Dans ce café, Souleymane sort de sa veste les différentes versions de son récit de vie. Sur celle rédigée en tigrigna, il pointe du doigt un chiffre, le 4, écrit en caractère romain. Quatre, comme le nombre de détenus qui se sont enfuis de la prison dont il était l’un des gardiens. Cette évasion a servi de prétexte aux autorités pour accabler un geôlier qui osait critiquer les méthodes carcérales de sa hiérarchie. Souleymane, lui, passera, deux ans derrière les barreaux.

Dans le récit en français, il n’est plus question de ces événements. Le gardien Souleymane se serait simplement retrouvé en prison pour désertion. Alors qu’il mentionne qu’il n’a pas le droit de parler et de porter assistance à des prisonniers mourants, « sa » traduction ne relate que l’interdiction de s’adresser aux détenus. « Et ils n’ont pas traduit que je devais tirer sur les gens !, s’insurge Souleymane. J’ai beaucoup souffert, je ne comprends pas, ne cesse-t-il de répéter, les yeux au fond de sa tasse de café. Je veux comprendre qui a fait ça, et pourquoi. »

A Paris, un campement improvisé de réfugiés provenant d'Erythrée, du Soudan, du Maroc ou de Tunisie.

Souleymane pense évidemment aux bruits qui circulent parmi la communauté érythréenne. Des « moustiques », ces espions du gouvernement érythréen, séviraient autant sous la grisaille parisienne que sous le chaud soleil d’Asmara. Pis, il se murmure dans les centres d’hébergement franciliens que, parmi les traducteurs et interprètes tigrigna en France, se dissimulent des amis de l’ambassade d’Erythrée.

« Nous sommes divisés en deux camps, ceux qui haïssent la dictature et ceux qui la défendent, résume un demandeur d’asile venu de Keren, la seconde ville du pays. Dans mon centre d’accueil, par exemple, des partisans du régime se vantent ouvertement de connaître des traducteurs liés à l’ambassade. » Le régime d’Issayas Aferwerki missionnerait des ressortissants pour entraver la course vers l’asile des déserteurs de la dictature.

Petits oublis

Le cas n’est pas isolé en Europe. Aux Pays-Bas, trois interprètes travaillant pour la société de traduction TVcN, sous contrat avec le gouvernement, ont été licenciés en août 2015 pour leur appartenance au Front populaire pour la démocratie et la justice, le parti unique qui gouverne le pays. Une entrave majeure à la neutralité politique de leur travail. En Allemagne, l’opposition politique s’est fait entendre dans la presse, dénonçant les travers des traducteurs dans les démarches d’asile.

En France, le phénomène « restera forcément mineur comparé aux autres pays européens », analyse le directeur d’une entreprise d’interprétariat, faisant écho au faible nombre de dossiers érythréens traités par l’OFPRA en 2013, à peine trois cents. Mais, avec l’explosion du nombre de demandeurs d’asile érythréens, qui a triplé en deux ans, les rumeurs concernant les « moustiques » vont grandissantes.

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Au cabinet d’interprétariat Rick, prestataire de l’OFPRA pour les langues de la Corne de l’Afrique jusqu’au 1er janvier, on évoque des erreurs ponctuelles. « Tout le monde peut avoir un petit coup de mou, il y a parfois des petits oublis », évoque le directeur, Nicolas Rick, assurant pour sa part vérifier « à chaque fois » les dates et les chiffres, ce qu’il appelle les « marqueurs » du récit.

« Mais ce n’est jamais intentionnel, affirme-t-on chez ISM, son concurrent qui vient de récupérer le marché “Corne de l’Afrique” au cabinet Rick. Cela peut arriver que le traducteur reçoive un appel téléphonique et que, en revenant à sa traduction, il passe au paragraphe d’après, sans faire attention. » Des erreurs d’inattention, des mots remplacés par d’autres : autant de points qui peuvent décrédibiliser le demandeur face aux officiers de protection chargés de faire passer les entretiens à l’OFPRA.

« Il y a une liste d’une soixantaine d’interprètes érythréens en France et, parmi eux, cinquante que nous ne ferons jamais travailler, assure sous couvert d’anonymat un responsable d’un des deux cabinets d’interprétariat œuvrant pour l’OFPRA. Et ce, autant par manque de compétences que pour leur mauvaise réputation. »

Lui aussi a eu vent de ces rumeurs, de ces « gens qui aident le gouvernement ». Il se souvient encore de cette étrange visite, il y a quelques années. « Un inconnu est venu pour me dire : “Attention, ce traducteur-là dit des choses sympathiques pour le gouvernement érythréen”. » Et, après un silence soutenu, d’ajouter : « Mais tant qu’on ne me prouve pas que c’est un pourri, je ne peux rien faire. »

« Il n’y a pas de dictature en Erythrée »

La présence supposée de « taupes » parmi les traducteurs expliquerait-elle le taux de rejet important des demandes érythréennes à l’OFPRA ? En 2014, 85,2 % des demandes d’asile érythréennes ont en effet été refusées. Pour les responsables de l’OFPRA comme pour les traducteurs, d’autres facteurs sont à prendre en compte, comme le fait que nombre d’Ethiopiens se font passer pour Erythréens devant les autorités françaises, mieux disposées à l’égard des victimes du régime d’Asmara. Des usurpations de nationalité qui se comptent par centaines et qui, souvent débusquées, pourraient expliquer que seulement 69 Erythréens aient reçu l’asile politique en France en 2014 parmi les quelque 600 demandes.

« C’est normal que certains rejettent la faute sur leur traducteur, abonde un interprète croisé à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), le tribunal administratif chargé des recours des demandes d’asile rejetées par l’OFPRA. Et il y a beaucoup de menteurs aussi. » Sans compter la paranoïa. « Quand on vient d’un pays comme l’Erythrée, on a d’emblée une méfiance naturelle vis-à-vis de toute administration », estime un officier de protection chargé de faire passer les entretiens des demandeurs érythréens.

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Mais que dire alors de cette traductrice, réputée très sympathique, qui a cessé il y a quelques années d’officier à l’OFPRA pour prendre un emploi à l’ambassade d’Erythrée en France ? Contactée par Le Monde, elle n’a pas souhaité répondre à nos questions. Et de ces traducteurs que plusieurs jurent avoir vu, le 24 mai 2015, à la fête de l’indépendance organisée par l’ambassade d’Erythrée à Paris ?

« C’est impossible d’avoir des preuves, soupire un interprète, ancien réfugié, qui ne cache pas ses certitudes quant à la collusion de certains confrères. Mais ici, je sais qu’il y en a au moins cinq. Ils veulent protéger l’Etat, continue-t-il. Ils ne veulent pas laisser dire que c’est une dictature. »

Ne pas écorner l’image du régime, c’est l’une des missions de l’ambassadrice d’Erythrée en France, Hanna Simon. « D’où qu’il vienne, un migrant peut mentir pour que son dossier avance, estime la diplomate en poste à Paris depuis deux ans, en récusant le caractère politique des demandes d’asile érythréennes. Tous les migrants de notre pays sont économiques : avec la globalisation, c’est normal que les gens qui vivent dans des endroits pauvres préfèrent aller dans des endroits riches, en Europe. » L’argument économique est brandi, le facteur politique obstinément écarté. « Il n’y a pas de répression en Erythrée, il n’y a pas de dictature », martèle l’ambassadrice du régime d’Asmara, qui balaie d’un revers de la main les rumeurs de connivence des traducteurs : « N’importe quel Erythréen a le droit d’aller traduire et d’être proche de l’ambassade. »

Une petite bouteille d’eau pour seul bagage

Certains de ses compatriotes sont pourtant loin d’être du même avis. « Ils veulent aussi collecter des données sur nous, souffle un demandeur d’asile érythréen, arrivé depuis six mois à Paris. Ils veulent savoir qui nous sommes, et faire du mal à nos familles restées au pays. »

En France, la nouvelle loi du droit d’asile protège désormais les demandeurs des erreurs d’interprétariat. Depuis le 29 juillet 2015, l’entretien à l’OFPRA est systématiquement enregistré. Le but ? « Appuyer une contestation […] portant sur une erreur de traduction ou un contresens, identifié de façon précise dans la transcription de l’entretien et de nature à exercer une influence déterminante sur l’appréciation du besoin de protection », dit la loi. Mais, dans les couloirs de la CNDA, un avocat s’avoue pessimiste : « Si on ne parle pas la langue du demandeur d’asile, même avec un enregistrement, on a aucun moyen de vérifier ce que les traducteurs disent. »

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Souleymane espère ne pas avoir à se retrouver en cour d’appel. A l’heure où nous le rencontrons, il a choisi de faire confiance aux institutions françaises. « Je n’ai pas à avoir peur en France, dit-il en esquissant un sourire. Je suis en démocratie maintenant, non ? » Une bénévole parlant tigrigna l’a aidé, dans son centre d’accueil, à retraduire correctement son récit. Il l’a soumis en remplacement du texte incomplet, et sera prochainement convoqué dans le Val-de-Marne, au siège de l’OFPRA.

En attendant ce jour, Souleymane pense à l’Erythrée, et raconte tant bien que mal son histoire. Il raconte son départ, quand il a traversé de nuit et à pied la frontière érythréenne vers Khartoum, au Soudan, avec pour seul bagage une petite bouteille d’eau. Il décrit le visage de sa mère, à qui il n’a pas pu dire adieu. Il raconte aussi sa traversée du désert libyen, dont il garde cette cicatrice ronde d’un centimètre, une balle reçue au-dessus du cœur. Et parle avec ferveur de sa femme, rencontrée lors de son séjour à Karthoum et restée au Soudan avec leur fille aujourd’hui âgée de 2 ans et demi. Il espère les faire venir en France et se dit heureux d’être enfin arrivé dans un pays qui voudra peut-être de lui.

*Le prénom a été modifié.

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Vite dit

23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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