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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Yves Faucoup - 22/03/2017

Une enquête menée par la Ligue des Droits de l'Homme et des universitaires décortique la manière dont la préfecture de Haute-Garonne "accueille" les étrangers. Réquisitoire implacable, qui dénonce les incohérences et le mépris affiché par l'institution, et la peur qui règne chez les étrangers. Rapport rendu public hier à Toulouse et remis au représentant de l'État.

Prefecture de Haute Garonne maltraitance envers les etrangers

Conférence de presse :

Elle a lieu au siège de la Ligue des Droits de l'Homme de Haute-Garonne et est introduite par Jean-François Mignard, son secrétaire général. Il rappelle la mission de "vigie citoyenne" de son organisation, que ce soit envers la police, l'armée ou la justice. Ainsi un rapport a été produit sur la police, sur la mort de Rémi Fraisse, et un observatoire des pratiques policières a été récemment créé. Il a tenu à expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un cas unique en France, et qu'au-delà des faits collectés, il faut bien comprendre que ces méthodes font système : "c'est l'effet de la politique d'accueil des étrangers en France". Compte tenu des choix qui ont été faits, rien d'étonnant à ce que notre administration les maltraite.

Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF] Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF]

 Pascale Cabrolier, Monique Langevine et Yves Loridon, qui ont coordonné la recherche, expliquent son déroulement. Au commencement, étaient les témoignages d'avocats et de sans-papiers qui se plaignaient de maltraitance à la Préfecture de Toulouse. D'où l'idée d'enquêter, en partenariat avec le Cercle des Voisins, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) et d'autres associations. Il fallait que ce travail paraisse crédible, d'où l'appel à des universitaires. Des personnes dans les files d'attente ou sortant de la Préfecture ont été interviewées, des associations ont été interrogées (comme la Cimade, Act Up ou Toulouse Syrie Solidarité, CGT Sans-papiers) ainsi que des travailleurs sociaux. L'objectif n'était pas de dénoncer des agents, mais de relever qu'il y a défaut de formation et qu'ils subissent des contraintes insoutenables, comme limiter les entretiens à 10 minutes, en l'absence de traducteurs. Après présentation du contenu du rapport (voir ci-dessous), des propositions pour améliorer la situation ont été faites, que le rapport recense.

Daniel Welzer-Lang, sociologue, auteur de plusieurs ouvrages de référence, a évoqué la gageure que représente la réalisation d'un rapport élaboré conjointement par des militants associatifs et des chercheurs et la richesse de cette complémentarité. Le projet était de rendre compte de données qualitatives et quantitatives. 475 questionnaires ont été exploités. Le traitement statistique a été conduit par Frédéric Rodriguez, agrégé de mathématiques, enseignant au département de sociologie du Mirail. La Préfecture n'a pas apprécié un tel engagement de chercheurs du Cnrs, appelant cet organisme d'État à faire en sorte que le rapport ne sorte pas. Des menaces pèsent sur les coupables : "jamais l'indépendance de la recherche n'a été à ce point remise en cause par le représentant de l'État", a déclaré Daniel Welzer-Lang.

 Le rapport :

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 Notons tout d'abord que ce rapport est bien écrit et argumenté. Les auteurs n'ont pas plaisanté : le document imprimé fait 60 pages, bien présenté, fourmillant de précisions sur les sources, de tableaux, de citations. Il décrit des pratiques contestables qui ne devraient pas avoir lieu dans un État républicain. Il liste les engagements du label Qualipref 2.0, nullement respectés.

Tout d'abord, on assiste à un "mépris généralisé". Les rendez-vous sont donnés à date lointaine, et le moindre papier manquant oblige à tout recommencer et à devoir subir une date à plusieurs mois, sinon à un an. Pendant ce temps, la personne est sans papiers, en situation irrégulière, au point que l'on se demande si on n'assiste pas là à une fabrique artificielle de sans-papiers, comme il y a une réelle suspicion sur les files d'attente qui seraient destinées à montrer l'"invasion" des demandeurs d'asile, quitte à ce que ce soient souvent les mêmes qui soient condamnés à attendre, à perdre des journées entières à espérer être reçus et renseignés. Ils attendent parfois à un guichet comme on leur a indiqué, puis lorsqu'ils sont reçus on leur annonce qu'il y a erreur, ce n'est pas le bon guichet. Et les renseignements sont contradictoires d'un guichet à l'autre, d'un jour à l'autre.

Rien n'est prévu pour les femmes enceintes, pour les personnes âgées, qui doivent attendre longuement, comme les autres, parfois dehors sous la pluie. Les personnes redoutent l'attitude des personnels des bureaux préfectoraux, leurs paroles autoritaires, leurs propos déplacés, leurs exigences incohérentes, les informations données qui se révèlent fausses, une méconnaissance des dispositifs, une absence de réponses aux courriers recommandés : "J'ai pleuré plusieurs fois en sortant de la préfecture tellement on me parlait mal", "certains employés sont 'gentiment racistes', ils devraient être 'mieux choisis'", "on nous parle comme si on était des bêtes sauvages". Au point que le rapport publie carrément un "tableau des peurs exprimées" par tant de témoignages dont l'un se résume en "la peur c'est toute ma vie" :

 "J’ai peur de l’accueil, j’ai le stress en permanence"

"J’ai peur des blagues douteuses"

"Peur de ne pas être écoutée"

"Le filtrage à l’entrée n’est pas rassurant"

"À chaque fois que je vais à la préfecture, j’ai toujours peur de tomber sur une personne désagréable ; j’ai toujours des appréhensions"

"Toutes les fois, j’ai peur : ils ne traitent pas bien les gens"

"Elle a peur d’être mal reçue"

"Peur qu’on lui dise au dernier moment qu’il manque un papier"

"Peur de ne pas être suffisamment informé"

"Peur d’un manque de précision ; la personne qui l’a reçu était pressée"

"Peur de ne pas avoir de réponse"

[Ph. YF]

Certaines démarches doivent être effectuées obligatoirement sur Internet, avec explications incompréhensibles et des connexions difficiles, alors même que les personnes sont pour moitié sans ordinateur, et la moitié de celles qui en ont un n'ont pas d'imprimante (or il faut imprimer le document). On est en plein Moi, Daniel Blake. Et contrairement à ce que la droite, l'extrême-droite et la faschosphère colportent, ces gens-là ne perçoivent rien ou presque rien pour à peine survivre. Alors, ils parviennent quelques fois à trouver un travail auprès d'employeurs tout heureux de pouvoir les payer à 2 ou 3 euros de l'heure.

La Préfecture pousse le vice jusqu'à contester des certificats médicaux produits par des médecins de l'Agence Régionale de Santé (l'ARS), instance de l'État s'il en est. Et telle responsable se permet de dire : "Moi vivante vous ne serez pas régularisé".

Il y a trop de concordances entre les témoignages pour imaginer que ce ne soit qu'un hasard ou des faits isolés. J'ajoute deux points qui m'ont été rapportés (ils n'apparaissent pas dans le document) : quelques rares jeunes gens, venant régulariser leur situation, se comportent de façon incorrecte, se prélassant sur leurs sièges. Ils ne sont pas inquiétés, personne ne les rappelle à l'ordre, comme si on n'osait pas s'en prendre à eux, tandis que l'on s'adresse de façon irrespectueuse à tous les autres, nombreux, qui sont intimidés et dociles, invités à faire profil bas. Par ailleurs, on m'a signalé qu'un couple avec deux enfants en bas-âge, a été invité récemment par un agent de la Préfecture, sous prétexte qu'ils étaient arrivés par l'Allemagne, à repartir en Albanie par avion, avec le conseil suivant : une fois arriver à Tirana, "faire le tour du tourniquet" pour reprendre un vol à destination de la France !

Ubu Roi :

Mise en scène de la file d'attente [Ph. YF] 

Dans le temps de midi ce 21 mars, un rassemblement s'est tenu devant la Préfecture (et la cathédrale Saint-Etienne adjacente). Malgré un nombre de participants relativement limité, ce fut un moment grave et enjoué. Deux comédiens de l'École citoyenne ont mis en scène des extraits du rapport, d'une façon ironique et dramatique, surfant sur les papiers sans cesse réclamés.

Les comédiens de l'Ecole citoyenne, avec-papiers [Ph. YF]

Des témoignages étaient livrés, dont ceux émouvants de l'association des étrangers malades ("on revendique juste un peu de dignité").

Un étudiant, recruté par une banque comme analyste financier, explique comment son contrat en bonne et due forme a été aussitôt rompu parce que

 

 

Témoignage d'une représentante du collectif des étrangers malades [Ph. YF]
 

la banque n'avait pas soumis le poste à Pôle emploi (alors qu'il avait été choisi parmi de nombreux candidats).

  Délégation en Préfecture :

Une délégation était reçue pendant plus d'une heure pour remettre le rapport. Le secrétaire général a cherché à défendre ses fonctionnaires, invoquant la difficulté de la tâche. Il a estimé que certains témoignages n'étaient pas crédibles, tout en avouant qu'il ignorait qu'il y avait de tels dysfonctionnements.

Soit par humour, soit par cynisme, il a regretté qu'un tel rapport existe car il risque de provoquer de la peur chez les étrangers venant en Préfecture !

Délégation à la sortie de la Préfecture [Ph. YF]

Il a dit son souhait que les procédures soient améliorées : en bon représentant de l'énarchie, le fond de l'affaire n'est pas son problème, seul compte le "process". Il semble prêt à vouloir améliorer le "comité d'usagers" traitant de ces questions, qui pour le moment ne regroupe que onze cadres de la préfecture et un représentant des usagers…

***

Il est clair qu'en démocratie et en République, dans un contexte où les incantations de l'extrême-droite gagnent du terrain, à cent lieues de la devise républicaine, il importe que les pouvoirs publics n'autorisent pas de tels dérapages. Les citoyens, quelle que soit leur opinion sur la politique à mener en matière d'immigration, ne peuvent tolérer qu'une administration se comporte, en leur nom, comme le fait la Préfecture de la Haute-Garonne, jusqu'à ce jour. Gageons qu'une telle action aura de l'effet. Le mépris peut être une stratégie lorsqu'il est bien dissimulé, un peu moins s'il est mis au grand jour.

______

Michèle Crémoux présentant l'action du Cercle des Voisins [Ph. YF]

. le rapport en ligne, synthèse ou rapport complet : http://bit.ly/2mMBUrT

. outre la LDH, les associations partenaires sont : RESF 31, Amnesty International, le Cercle des Voisins, la Cimade, la CGT (collectif "sans-papiers"), Act-up, la Case Santé, CLIC sans-papiers, le collectif des sans-papiers de Cugnaux, le collectif des étrangers malades, le collectif Toulouse Syrie-Solidarité, Médecins du Monde, et des personnes non affiliées. Ainsi que des avocats toulousains, dont Julien Brel et Flor Tercero.

. voir mon billet évoquant le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Cornebarrieu et l'action du Cercle des Voisins : Centre de rétention, de l'intérieur

ainsi que celui sur les mineurs étrangers isolés : Jeunes isolés à la rue

et cet autre sur le documentaire d'Oliver Cousin Un toit sur la tête.

 

 

 

 

[Ph. YF]
 
 

 . Photos Yves Faucoup

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Vite dit

15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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12/6/2019 - Noblesse et bassesse des médias
On ne peut que remercier notre service public d'information lorsqu'il permet à un journaliste de FR3 Occitanie de relater dans le détail, de manière précise et avec des recherches de complément d'information la manière dont une famille ukrainienne a été (mal)traitée par nos autorités (voir article sur le lien).
En revanche quelle dose de cynisme faut-il au chroniqueur de France Inter pour expliquer que la Bourse se porte mieux du fait des "avancées" dans les accords commerciaux entre les États-Unis et le Mexique quand on sait que cela est dû au déploiement de la garde nationale mexicaine pour lutter contre les migrants venus d'Amérique Centrale.

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Brutalite policiere7/6/2019 - Une nouvelle arme contre la solidarité.
L'État ou la police de l'air et des frontières (PAF) ont inventé une nouvelle arme pour lutter contre la solidarité : l'humiliation physique et psychologique, avec des soupçons d'agression sexuelle.
C'est le traitement qu'a subi une membre du Collectif de soutien aux personnes sans-papiers de Rennes lors d'une visite à un retenu au CRA de Saint Jacques des Landes, en Bretagne, conforme avec la ligne politique de la peur que le gouvernement mène contre la population solidaire.
Difficile à dire ce qui serait le plus ignoble et terrifiant: un État qui a recours à des viols des droits fondamentaux de sa population pour soutenir sa politique, ou des policiers qui, se sachant intouchables, se permettent de trahir leur sermentSource : Wikipedia wikipedia
Serment des Policiers et Gendarmes : Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions, d'observer les devoirs et la réserve qu'elles m'imposent. Je me conformerai strictement aux ordres reçus dans le respect de la personne humaine et de la loi. Je promets de faire preuve de dévouement au bien public, de droiture, de dignité, de prudence et d'impartialité. Je m'engage à ne faire qu'un usage légitime de la force et des pouvoirs qui me sont confiés et à ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance lors de l'exercice de mes fonctions. » "
en abusant de leur pouvoir pour exécuter une fouille corporelle qui va bien au-delà de ce qui aurait été requis par la sécurité, la légalité, et même la décence.
Pour en savoir plus...

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systeme ecrase17/5/2019 - Encore un.e jeune brisé.e.
Rafaël, Joseph et tant d'autres. Des jeunes venus en France motivés par l'espoir d'apprendre un métier, d'être autonomes, de participer positivement à notre société.
Pas assez pour l'administration française, qui les poursuit, les place en rétention, puis les expulse vers un futur incertain dans leurs pays, dont ils savent qu'ils n'auront que peu d'espoir de s'y épanouir et d'y vivre dignement.
Pas assez quoi ?

Pas assez intelligents ? Ils et elles le sont.
Pas assez motivé.e.s ? Ils et elles le sont.
Pas assez travailleurs et persévérants ? Ils et elles le sont.
Pas assez français ? Non, en effet. C'est bien la France qu'ils et elles ont choisie pour s'y intégrer, et ils ont fait des efforts considérables pour y arriver, toujours appréciés par leur entourage, mais l'administration leur refuse des papiers parce que pas assez quelque chose.
En fait on les condamne pour un seul "crime" : ne pas être né.e.s en France.
Nos dirigeants aiment se gargariser de ce que la France a besoin de jeunes plus motivés, prêts à étudier et à travailler. En voilà quelques-uns.e.s. Ils et elles n'attendent que d'être reconnus comme tels par l'administration.
Emmanuel Macron (ONU, 20 septembre 2017) : "Nous passons beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, beaucoup d’argent à régler les problèmes de ce monde et les grandes crises, mais l’éducation c’est ce qui - parmi les réponses qui sont à notre portée - permet de les régler bien plus que les autres".
Une vérité incontestable. Dommage que ce ne soient que des paroles.

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2/4/2019 - Quoi ? Encore !?!? La loi est pourtant bien claire là-dessus en disposant que les séances du JLD sont publiques.
Publiques ! Cela veut dire que quiconque ne portant pas d'armes ou assimilables armes, a le droit d'assister aux audiences, à l'heure prévue, et durant toute la durée, jusqu'à ce que la ou le juge disent : "L'audience est levée".
Ce n’est pas compliqué non ? Et pourtant, le Cercle des Voisins doit se battre encore et encore pour que nos membres puissent assister aux permanences que nous assurons aux audiences. Mais cela ne concerne pas que nous. Des familles et ami.e.s de retenu.e.s peuvent aussi être bloqués aux portes du tribunal.
Est-ce le gouvernement ou le président du TGI qui ont ainsi décidé ? Ben non, ce sont de simples vigiles, d'une société privée qui assure la sécurité de l'entrée au tribunal, qui s'autodésignent policiers, juges et bourreaux, et décident, en fonction de leur propre
s imagination ou idéologie, si tel ou tel a ou pas le droit d'assister aux audiences.
Société privée ça passe encore, mais une justice privée ?
Le tribunal n'aurait donc pas le contrôle de ses troupes ? Ce serait difficile à croire, mais une chose est certaine, "quelqu'un" doit faire le nécessaire pour que ces violations répétées du Droit cessent.

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9/3/2019 - Respect des êtres humains ? Bof !
Cet AM, la PAF du CRA de Cornebarrieu a appelé Alain et Catherine, militants du Cercle des Voisins. Mr X, retenu au CRA, était dehors, soi-disant suite à une décision de justice.
Alain et Catherine sont allés le récupérer; en guise de dossier médical les policiers de la PAF leur dont donné une enveloppe vide et 2 comprimés de Doliprane, mais comme Mr X est atteint d'une maladie psychiatrique grave, il a absolument besoin d'un traitement contre la schizophrénie, ils l'ont amené aux urgences psy.
Après 2h30 aux urgences psy, ils sortent avec 2 Temesta (Lorazépam) et rassurés (+ou- ) sur un éventuel comportement dangereux. Il passe la nuit chez nos militants sans problème. Le lendemain matin re-problème. La PAF du CRA ignore ou se trouve son dossier médical. Après une dizaine d’appels, ils obtiennent une réponse peu coopérante au début : venez lundi (ça rouspète dur !!!), mais finalement ils les rappellent : l’infirmière avait préparé le dossier avec 5 jours de traitement, mais les policiers de service ne le savaient pas (et c’est bien le dernier de leur souci).... Ils sont donc allés chercher ce dossier avec, bien évidemment, Mr X. Retour à la maison et achat d’un billet sur OUI BUS pour la destination qu'il souhaitait. Ils l'ont laissé devant le bus.
Un cas exceptionnel ? Malheureusement non. Les policiers de la PAF et l'État français déchargent leur responsabilité régulièrement sur les associations de soutien aux retenus avec une désinvolture qui ne peut qu'être assimilé à la mise en danger d'autrui, ou du moins à la non-assistance à personne en danger.
Jusqu'à quand, sous prétexte de protéger la France de cette "horde d'étrangers envahissants", allons-nous permettre au gouvernement de violer et piétiner les droits fondamentaux des êtres humains, ces droits mêmes qui feraient de la France le grand pays qu'elle prétend être ?

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