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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Mediapart - Yves Faucoup - 22/03/2017

Une enquête menée par la Ligue des Droits de l'Homme et des universitaires décortique la manière dont la préfecture de Haute-Garonne "accueille" les étrangers. Réquisitoire implacable, qui dénonce les incohérences et le mépris affiché par l'institution, et la peur qui règne chez les étrangers. Rapport rendu public hier à Toulouse et remis au représentant de l'État.

Prefecture de Haute Garonne maltraitance envers les etrangers

Conférence de presse :

Elle a lieu au siège de la Ligue des Droits de l'Homme de Haute-Garonne et est introduite par Jean-François Mignard, son secrétaire général. Il rappelle la mission de "vigie citoyenne" de son organisation, que ce soit envers la police, l'armée ou la justice. Ainsi un rapport a été produit sur la police, sur la mort de Rémi Fraisse, et un observatoire des pratiques policières a été récemment créé. Il a tenu à expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un cas unique en France, et qu'au-delà des faits collectés, il faut bien comprendre que ces méthodes font système : "c'est l'effet de la politique d'accueil des étrangers en France". Compte tenu des choix qui ont été faits, rien d'étonnant à ce que notre administration les maltraite.

Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF] Conférence de presse au siège de la Ligue des Droits de l'Homme, le 21 mars à Toulouse, avec Frédéric Rodriguez, Yves Loridon, Pascale Cabrolier, Daniel Welzer-Lang, Jean-François Mignard et Monique Langevine [Ph. YF]

 Pascale Cabrolier, Monique Langevine et Yves Loridon, qui ont coordonné la recherche, expliquent son déroulement. Au commencement, étaient les témoignages d'avocats et de sans-papiers qui se plaignaient de maltraitance à la Préfecture de Toulouse. D'où l'idée d'enquêter, en partenariat avec le Cercle des Voisins, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) et d'autres associations. Il fallait que ce travail paraisse crédible, d'où l'appel à des universitaires. Des personnes dans les files d'attente ou sortant de la Préfecture ont été interviewées, des associations ont été interrogées (comme la Cimade, Act Up ou Toulouse Syrie Solidarité, CGT Sans-papiers) ainsi que des travailleurs sociaux. L'objectif n'était pas de dénoncer des agents, mais de relever qu'il y a défaut de formation et qu'ils subissent des contraintes insoutenables, comme limiter les entretiens à 10 minutes, en l'absence de traducteurs. Après présentation du contenu du rapport (voir ci-dessous), des propositions pour améliorer la situation ont été faites, que le rapport recense.

Daniel Welzer-Lang, sociologue, auteur de plusieurs ouvrages de référence, a évoqué la gageure que représente la réalisation d'un rapport élaboré conjointement par des militants associatifs et des chercheurs et la richesse de cette complémentarité. Le projet était de rendre compte de données qualitatives et quantitatives. 475 questionnaires ont été exploités. Le traitement statistique a été conduit par Frédéric Rodriguez, agrégé de mathématiques, enseignant au département de sociologie du Mirail. La Préfecture n'a pas apprécié un tel engagement de chercheurs du Cnrs, appelant cet organisme d'État à faire en sorte que le rapport ne sorte pas. Des menaces pèsent sur les coupables : "jamais l'indépendance de la recherche n'a été à ce point remise en cause par le représentant de l'État", a déclaré Daniel Welzer-Lang.

 Le rapport :

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 Notons tout d'abord que ce rapport est bien écrit et argumenté. Les auteurs n'ont pas plaisanté : le document imprimé fait 60 pages, bien présenté, fourmillant de précisions sur les sources, de tableaux, de citations. Il décrit des pratiques contestables qui ne devraient pas avoir lieu dans un État républicain. Il liste les engagements du label Qualipref 2.0, nullement respectés.

Tout d'abord, on assiste à un "mépris généralisé". Les rendez-vous sont donnés à date lointaine, et le moindre papier manquant oblige à tout recommencer et à devoir subir une date à plusieurs mois, sinon à un an. Pendant ce temps, la personne est sans papiers, en situation irrégulière, au point que l'on se demande si on n'assiste pas là à une fabrique artificielle de sans-papiers, comme il y a une réelle suspicion sur les files d'attente qui seraient destinées à montrer l'"invasion" des demandeurs d'asile, quitte à ce que ce soient souvent les mêmes qui soient condamnés à attendre, à perdre des journées entières à espérer être reçus et renseignés. Ils attendent parfois à un guichet comme on leur a indiqué, puis lorsqu'ils sont reçus on leur annonce qu'il y a erreur, ce n'est pas le bon guichet. Et les renseignements sont contradictoires d'un guichet à l'autre, d'un jour à l'autre.

Rien n'est prévu pour les femmes enceintes, pour les personnes âgées, qui doivent attendre longuement, comme les autres, parfois dehors sous la pluie. Les personnes redoutent l'attitude des personnels des bureaux préfectoraux, leurs paroles autoritaires, leurs propos déplacés, leurs exigences incohérentes, les informations données qui se révèlent fausses, une méconnaissance des dispositifs, une absence de réponses aux courriers recommandés : "J'ai pleuré plusieurs fois en sortant de la préfecture tellement on me parlait mal", "certains employés sont 'gentiment racistes', ils devraient être 'mieux choisis'", "on nous parle comme si on était des bêtes sauvages". Au point que le rapport publie carrément un "tableau des peurs exprimées" par tant de témoignages dont l'un se résume en "la peur c'est toute ma vie" :

 "J’ai peur de l’accueil, j’ai le stress en permanence"

"J’ai peur des blagues douteuses"

"Peur de ne pas être écoutée"

"Le filtrage à l’entrée n’est pas rassurant"

"À chaque fois que je vais à la préfecture, j’ai toujours peur de tomber sur une personne désagréable ; j’ai toujours des appréhensions"

"Toutes les fois, j’ai peur : ils ne traitent pas bien les gens"

"Elle a peur d’être mal reçue"

"Peur qu’on lui dise au dernier moment qu’il manque un papier"

"Peur de ne pas être suffisamment informé"

"Peur d’un manque de précision ; la personne qui l’a reçu était pressée"

"Peur de ne pas avoir de réponse"

[Ph. YF]

Certaines démarches doivent être effectuées obligatoirement sur Internet, avec explications incompréhensibles et des connexions difficiles, alors même que les personnes sont pour moitié sans ordinateur, et la moitié de celles qui en ont un n'ont pas d'imprimante (or il faut imprimer le document). On est en plein Moi, Daniel Blake. Et contrairement à ce que la droite, l'extrême-droite et la faschosphère colportent, ces gens-là ne perçoivent rien ou presque rien pour à peine survivre. Alors, ils parviennent quelques fois à trouver un travail auprès d'employeurs tout heureux de pouvoir les payer à 2 ou 3 euros de l'heure.

La Préfecture pousse le vice jusqu'à contester des certificats médicaux produits par des médecins de l'Agence Régionale de Santé (l'ARS), instance de l'État s'il en est. Et telle responsable se permet de dire : "Moi vivante vous ne serez pas régularisé".

Il y a trop de concordances entre les témoignages pour imaginer que ce ne soit qu'un hasard ou des faits isolés. J'ajoute deux points qui m'ont été rapportés (ils n'apparaissent pas dans le document) : quelques rares jeunes gens, venant régulariser leur situation, se comportent de façon incorrecte, se prélassant sur leurs sièges. Ils ne sont pas inquiétés, personne ne les rappelle à l'ordre, comme si on n'osait pas s'en prendre à eux, tandis que l'on s'adresse de façon irrespectueuse à tous les autres, nombreux, qui sont intimidés et dociles, invités à faire profil bas. Par ailleurs, on m'a signalé qu'un couple avec deux enfants en bas-âge, a été invité récemment par un agent de la Préfecture, sous prétexte qu'ils étaient arrivés par l'Allemagne, à repartir en Albanie par avion, avec le conseil suivant : une fois arriver à Tirana, "faire le tour du tourniquet" pour reprendre un vol à destination de la France !

Ubu Roi :

Mise en scène de la file d'attente [Ph. YF] 

Dans le temps de midi ce 21 mars, un rassemblement s'est tenu devant la Préfecture (et la cathédrale Saint-Etienne adjacente). Malgré un nombre de participants relativement limité, ce fut un moment grave et enjoué. Deux comédiens de l'École citoyenne ont mis en scène des extraits du rapport, d'une façon ironique et dramatique, surfant sur les papiers sans cesse réclamés.

Les comédiens de l'Ecole citoyenne, avec-papiers [Ph. YF]

Des témoignages étaient livrés, dont ceux émouvants de l'association des étrangers malades ("on revendique juste un peu de dignité").

Un étudiant, recruté par une banque comme analyste financier, explique comment son contrat en bonne et due forme a été aussitôt rompu parce que

 

 

Témoignage d'une représentante du collectif des étrangers malades [Ph. YF]
 

la banque n'avait pas soumis le poste à Pôle emploi (alors qu'il avait été choisi parmi de nombreux candidats).

  Délégation en Préfecture :

Une délégation était reçue pendant plus d'une heure pour remettre le rapport. Le secrétaire général a cherché à défendre ses fonctionnaires, invoquant la difficulté de la tâche. Il a estimé que certains témoignages n'étaient pas crédibles, tout en avouant qu'il ignorait qu'il y avait de tels dysfonctionnements.

Soit par humour, soit par cynisme, il a regretté qu'un tel rapport existe car il risque de provoquer de la peur chez les étrangers venant en Préfecture !

Délégation à la sortie de la Préfecture [Ph. YF]

Il a dit son souhait que les procédures soient améliorées : en bon représentant de l'énarchie, le fond de l'affaire n'est pas son problème, seul compte le "process". Il semble prêt à vouloir améliorer le "comité d'usagers" traitant de ces questions, qui pour le moment ne regroupe que onze cadres de la préfecture et un représentant des usagers…

***

Il est clair qu'en démocratie et en République, dans un contexte où les incantations de l'extrême-droite gagnent du terrain, à cent lieues de la devise républicaine, il importe que les pouvoirs publics n'autorisent pas de tels dérapages. Les citoyens, quelle que soit leur opinion sur la politique à mener en matière d'immigration, ne peuvent tolérer qu'une administration se comporte, en leur nom, comme le fait la Préfecture de la Haute-Garonne, jusqu'à ce jour. Gageons qu'une telle action aura de l'effet. Le mépris peut être une stratégie lorsqu'il est bien dissimulé, un peu moins s'il est mis au grand jour.

______

Michèle Crémoux présentant l'action du Cercle des Voisins [Ph. YF]

. le rapport en ligne, synthèse ou rapport complet : http://bit.ly/2mMBUrT

. outre la LDH, les associations partenaires sont : RESF 31, Amnesty International, le Cercle des Voisins, la Cimade, la CGT (collectif "sans-papiers"), Act-up, la Case Santé, CLIC sans-papiers, le collectif des sans-papiers de Cugnaux, le collectif des étrangers malades, le collectif Toulouse Syrie-Solidarité, Médecins du Monde, et des personnes non affiliées. Ainsi que des avocats toulousains, dont Julien Brel et Flor Tercero.

. voir mon billet évoquant le Centre de Rétention Administrative (CRA) de Cornebarrieu et l'action du Cercle des Voisins : Centre de rétention, de l'intérieur

ainsi que celui sur les mineurs étrangers isolés : Jeunes isolés à la rue

et cet autre sur le documentaire d'Oliver Cousin Un toit sur la tête.

 

 

 

 

[Ph. YF]
 
 

 . Photos Yves Faucoup

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Vite dit

20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

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22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

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23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

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15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

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Brutalité policière15/9/2019 - Les policiers sont-ils des êtres humains comme les autres ?
Vous recevez chez vous un couple et la dame se déplace difficilement avec des béquilles. Ils doivent partir, mais vous ne pouvez pas quitter votre domicile. Il n’est pas possible d’appeler un taxi et il n’y a pas de transports en commun. En revanche, vous savez que vos voisins sont sur le point de s’en aller. Il semble tout à fait normal que vous fassiez appel à eux pour leur demander s’ils peuvent raccompagner le couple.
Dans notre cas, nous étions une vingtaine de voisins rassemblés devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu, isolé au milieu des pistes de l’aéroport, et nous allions quitter les lieux vers 13h00. Dans le même temps les policiers du Centre finalisaient les formalités administratives pour faire sortir un couple indien dont la dame marchait difficilement avec des béquilles et qui venait d’être libéré par le Tribunal Administratif.
Et bien que croyez-vous qu’il arriva ?
Aucun policier n’a pris l’initiative de nous prévenir et les personnes ont été mises dehors vers 13h30, au moment où ni la Cimade ni personne d’autre ne pouvait les aider.
Est-ce que le port de l’uniforme empêche d’avoir un minimum d’humanité ?

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15/7/2019 - L'esclavage, mauvaise surprise ou politique économique officieuse ?
La France accueille de nombreuses personnes étrangères fuyant des guerres ou cherchant une vie meilleure. Elles sont motivées, le travail ne leur fait pas peur, mais, sans papiers, elles ne peuvent travailler n'importe où et dans n'importe quoi. Malgré tout, certaines réussissent à trouver un travail saisonnier, difficile et mal payé, mais un travail quand même.
Mme D. fait partie de ceux-là. Elle a trouvé du travail au Château de Plaimont. En situation de faiblesse, n'ayant pas de papiers, son employeur n'a pas trouvé utile de lui établir un contrat de travail comme la loi l’exige.
Quand Mme D. arrête son travail et demande à être payée, son employeur lui rétorque une fin de non-recevoir. Cet employeur a profité de la situation de faiblesse administrative de Mme D., sans papiers et constamment sous la menace d'une expulsion, pour la traiter comme une esclave.
Ce serait déjà extrêmement grave si c'était un cas isolé, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Des employeurs sans scrupules, se sachant presque intouchables, profitent régulièrement de personnes faibles pour les exploiter puis empocher le fruit de leur travail. L'OFII (Office français d'Immigration et d'Intégration) a la responsabilité de récupérer ces sommes pour le compte de ces travailleurs, mais rares sont les étrangers qui savent ça, et encore plus rares ceux qui demandent à l'OFII de le faire, et les employeurs comptent là-dessus.
Pour ma part, tout le vin produit par le Chateau de Plaimont a tourné, lui donnant un arrière-goût d'esclavage insupportable.
Pour en savoir plus lisez ceci.

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2/7/2019 - La fin d'une vie, la fin d'un rêve
Difficile d'imaginer l'état de désespoir dans lequel doit se trouver une personne pour décider de mettre fin à ses jours.
Quand de surcroit cette personne est un jeune mineur, qui par définition a toute sa vie devant lui pour se remettre des accidents de la vie et se construire un futur digne, aucune excuse, aucun prétexte ni aucune explication ne peuvent dédouaner les responsables.
X, jeune mineur étranger isolé de 17 ans, placé conformément à la loi sous la protection de l'État, décide de mettre fin à ses jours. Hébergé dans une chambre d'hôtel lugubre, abandonné par l'État sans suivi, ni accompagnement, ni éducation, avec juste le nécessaire pour s'acheter un ou deux repas simples par jour, n'a plus pu le supporter et est passé à l'acte.
La phrase tant répétée par nos dirigeants : "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde" perd ici tout son sens, et laisse apparaître à la vue de tout le monde le cynisme et l'hypocrisie d'une politique migratoire inhumaine qui, s'appuyant sur des considérations de confort économique, ou pire encore, électorales, trahi les valeurs fondamentales de la République, et viole les conventions internationales des droits de l'homme et des enfants que la France a signées.
L'État avait la responsabilité de la sécurité et du bien être de ce jeune, mais elle l'a abandonné, le laissant sombrer dans le désespoir. L'État et ses dirigeants doivent rendre des comptes. Ne rien faire signifierait que la France considère la mort inutile et injustifiable d'un jeune mineur comme un simple fait divers, et cela signifierait officiellement la fin de la "France, pays des droits de l'homme".
Pour en savoir plus, lisez ceci.

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29/6/2019 - Voyage dans le temps.
Je lisais un article, à priori d'actualité, mais les mots qui ressortaient : rafle, expulsion collective, familles déchirées, rétention, transports en charter, m'ont fait douter. Est-ce un article historique de la 2e guerre mondiale ? Incrédule, je regarde la date de l'article. Eh ben non ! Il s'agit bien d'un article d'actualité qui parle d'une action de l'état visant à se débarrasser rapidement d'un grand nombre de personnes n'ayant pas encore obtenu un titre de séjour en France. Je croyais faire un mauvais rêve !
L'État pense avoir trouvé un moyen "efficace" pour se débarrasser rapidement des personnes qu'il considère indésirables ? Efficace, peut-être, mais outre l'inhumanité de cette action consistant à expulser de personnes vulnérables vers un pays, la Géorgie, qui est loin d'être un pays sûr, elle est aussi illégale. Illégale parce que les expulsions collectives sont prohibées en vertu de l'article IV du protocole 4 à la Convention européenne des droits de l’homme. Illégale parce que parmi les personnes mises en rétention il y avait des enfants, ce qui est contraire à toutes les conventions internationales des droits des enfants signées par la France. Mais ce n'est pas tout. Cette opération a été exécutée sans qu'aucun juge ne soit saisi, et "pour un certain nombre de cas, avant que le juge administratif n’ait statué sur la légalité des obligations de quitter le territoire français prononcées à l’encontre de ces demandeurs d’asile".
ATTENTION ! "Efficacité" peut peut-être rimer avec économies, mais aussi avec totalitarisme.
Pour en savoir plus, lisez ici et ici.

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rencontre Karine Parrot 3 juin 2019 banniereKarine PARROT
«Carte blanche, l'État contre les étrangers»

Le 3 juin 2019 le Cercle des Voisins a invité Karine PARROT à l'occasion de la parution de son livre «Carte blanche, l'État contre les étrangers».
Nous vous proposons ici les vidéos et bandes sonores réalisés lors des séances.

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