En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services adaptés.

cdv logo  

Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

logo EGM Toulouse

Fermez les Centres de Rétention !

Face à la crise sanitaire, l’enfermement administratif des personnes étrangères doit immédiatement cesser

Les Cercle des Voisins du Centre de Rétention de Cornebarrieu a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron (Président de la République française.)

 

Lire la lettre au Président      Signer la pétition

 

Le Monde | 18.12.2015 Par Vanessa Schneider

Pour certaines familles, s’engager consiste simplement à ouvrir les portes de leur maison à des réfugiés. Dans les Hauts-de-Seine, les Gerrier ne regrettent pas d’avoir hébergé Hadi, 19 ans.

Chez les Gerrier, c’est Nathalie qui est aux commandes. Elle qui répond au téléphone, qui ouvre la porte, propose un café ou un verre d’eau, dit aux uns et aux autres où s’asseoir, distribue la parole. C’est elle qui s’explique aussi, d’une voix sonore, enjouée et un brin tendue à la fois. Son mari, Christophe, et ses trois garçons, Timothée, Marin et Melchior, semblent avoir accepté cet ascendant comme une évidence. Pourtant, c’est ensemble, lors d’une réunion de famille où chacun a eu son mot à dire, que les Gerrier ont décidé, il y a quelques mois d’accueillir des réfugiés syriens.

A Colombes (Hauts-de-Seine), où ils possèdent depuis douze ans une vaste et confortable maison avec jardin et piscine chauffée couverte, ils ont d’abord hébergé une jeune femme, prénommée Racha. Le jour où nous leur rendons visite, c’est Hadi, 19 ans, qui occupe depuis une semaine la chambre d’amis. Il vient de Damas, où sa famille vit toujours. Il a vécu les horreurs de la guerre, pas celles des frêles embarcations qui se broient quotidiennement sur les vagues méditerranéennes : ses parents, ses cousins, ses oncles et tantes se sont tous cotisés pour le faire partir en France, via Beyrouth, en avion.

Intégré à la vie de famille

Il est arrivé à Paris en septembre et s’est rendu chez les jésuites, dont des connaissances syriennes lui avaient donné l’adresse. Depuis, il est pris en charge par l’association Welcome, qui s’occupe de sa demande de statut de réfugié politique, de ses démarches administratives, qui l’a inscrit à la Sorbonne pour des cours de français et lui a trouvé des familles pour l’héberger.

Hadi sourit tout le temps. Tellement que le photographe lui demande gentiment d’arrêter un peu. Il porte une tenue raccord avec la famille « bon chic bon genre » qui le loge : jean impeccable, pull vert sur une chemise à carreaux de même teinte. La journée, il est à Paris pour ses cours ; le soir et les week-ends, il les passe chez les Gerrier, joue avec les enfants, accompagne Nathalie au marché, est convié aux dîners chez les voisins. « Il est comme quelqu’un de la famille, il a les clés de la maison », s’enthousiasme Nathalie, jolie quadra aux yeux verts mobiles, dont le blouson de cuir rose et le tee-shirt imprimé rock ont remplacé le loden et le collier de perles.

Entre Hadi et les Gerrier, la vie paraît aussi simple que le tutoiement qui les a immédiatement liés. Le réfugié a sa chambre avec lavabo, participe aux tâches ménagères comme les autres, regarde la télé sur le canapé du salon, se mêle aux discussions. « Je ne pensais pas que des familles françaises puissent accueillir quelqu’un comme moi, raconte Hadi, qui n’en revient pas d’être aussi bien tombé. En Syrie, on a l’habitude d’accueillir des réfugiés venus du Liban et, auparavant, de Palestine. Mais c’était des musulmans. Avoir à ouvrir sa maison à quelqu’un d’une autre religion n’est jamais arrivé. »

Pour les Gerrier, catholiques pratiquants, le fait que Hadi soit musulman n’est pas un sujet. La question les agace même. « Je suis catholique parce que je suis née en France, tranche Nathalie. Si j’étais née dans un pays musulman, je serais musulmane. Ce qui est important, c’est la spiritualité, s’interroger sur soi-même et sur le monde. »

Les Gerrier n’ont pas l’impression de faire quelque chose d’exceptionnel. « Mes grands-parents cachaient des juifs pendant la seconde guerre mondiale, avec les Allemands qui tournaient autour de leur maison : c’est bien plus héroïque », estime Christophe. Même le mot « engagement » leur paraît un peu fort. Pourtant, ils ont bâti leur vie sur l’ouverture aux autres. Il y a vingt ans, Nathalie et Christophe ont monté ensemble Handirect, une entreprise aujourd’hui prospère, prestataire de services administratifs et de routage qui a la particularité d’avoir 80 salariés handicapés sur 100.

« Pour nous, il s’agissait de répondre à la vie telle qu’elle est. » Cette vie qui est finalement devenue la leur : Marin, leur deuxième fils, 15 ans, un garçon débrouillard et joyeux, est né handicapé. Tous les ans, la famille part au bout du monde en version « roots », avec sac à dos : Equateur, Indonésie, Inde, Afrique du Sud, Cambodge... « L’enrichissement vient de la rencontre avec les autres », dit simplement Christophe.

Une réflexion d’un an

Les trois garçons, sagement assis autour de la grande table de la salle à manger, acquiescent. Les valeurs des parents sont les leurs. Les Gerrier ne sont pas des militants. Ils ne sont pas de gros consommateurs de presse, mais les migrants, forcément, ils en ont entendu parler. Et se sont sentis concernés : « ça préoccupe tout le monde », assure Nathalie. Quand on lui fait remarquer que non, justement, ça ne préoccupe pas tout le monde et que les Français, dans leur grande majorité, voient plutôt la question des réfugiés comme une source de crainte et de danger, elle ne semble pas bien comprendre de quoi on lui parle.

« On a une grande et belle maison, on a toujours hébergé des neveux, des copains, reprend-elle avec son enthousiasme constant. Chez ma grand-mère, on dressait la table avec l’assiette du pauvre pour qu’un nécessiteux puisse partager le repas : ça s’est malheureusement perdu. C’est dommage, quand on fait à manger pour cinq, il y en a pour six. »

La famille a tout de même mis un an avant de se lancer. « On avait envie de faire quelque chose, mais on ne savait pas comment s’y prendre », se souvient Christophe. Un couple d’amis les entraîne à une réunion de l’association Welcome, un programme lancé en 2009 par le Service jésuite des réfugiés (JRS). Le sérieux de l’organisation les convainc de sauter le pas. Welcome se charge de vérifier les capacités d’accueil des familles et gère tout le reste.

Chaque migrant a un tuteur, un bénévole qui l’aide dans ses démarches. Et il n’est là que pour un temps déterminé, six à huit semaines, afin d’éviter qu’un lien trop fort se noue avec les familles. « Notre rôle, c’est de recréer une cellule familiale, leur apporter un cadre, un lieu où souffler un peu, qu’ils arrêtent de faire des cauchemars de bombes, explique Nathalie. Ca leur permet aussi de voir comment vit une famille française, d’apprendre les codes, de parler d’autre chose que de la guerre en Syrie. » En cas de problème ou de mésentente, c’est l’association qui s’en occupe.

Dans cette commune proche de Paris, tout se sait ou presque, mais les Gerrier ne se soucient guère du regard des autres. « On ne le crie pas sur les toits, mais on présente Hadi quand on croise des gens qu’on connaît, explique Christophe. Lorsqu’on en parle, c’est pour donner l’envie de faire comme nous. » Ils sont désormais quatre familles à Colombes à héberger de jeunes Syriens.

Bien sûr, leur engagement suscite interrogation et incompréhension. « Au lycée, certains m’ont dit qu’il y avait des terroristes parmi les migrants, raconte l’aîné, Timothée, un beau garçon bien dans ses baskets. Alors je leur explique qu’il s’agit de réfugiés politiques, que leur pays est en guerre, et ils ne disent plus rien. » « Certains amis me parlent de la situation économique : ils estiment que la France ne peut pas se permettre d’accueillir des réfugiés, ajoute le père. Je leur réponds : Ce n’est pas le sujet, il s’agit juste de leur permettre de se poser . Et quand on me demande : “Pourquoi vous faites ça ? , je rétorque : “Pourquoi pas ?» « C’est simple », abonde Nathalie.

Hadi partira fin janvier. « C’est le côté frustrant. On vit ensemble quelque temps, on apprend plein de choses les uns des autres et puis ils partent vivre leur vie, ils s’envolent. » Les Gerrier se sont déjà portés volontaires pour accueillir un autre réfugié. Ils vont devoir attendre un peu. Welcome est submergée par son succès : 3 000 familles se sont manifestées et, pour l’instant, en Ile-de-France, il n’y a pas assez de réfugiés pour répondre à toutes les propositions.

Vite dit

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Désespoir20/1/2020 - Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !
Je souffre devant tant de malheurs et d'injustices. Il faut que je parle, que j'écrive ma colère :
Un jour, en visite au CRA (Centre de Rétention Administrative) il m'a été répondu que le CRA n'était pas un hôtel : que le retenu ne pouvait pas choisir sa chambre, ni son voisin de lit, ni son repas !
Non seulement le retenu est arbitrairement privé de liberté et c'est scandaleux, mais en plus il est jugé de façon inégale, mais en plus il n'a pas droit à la même défense, mais en plus il ne trouve pas autour de lui autant de sollicitude et d'attention qu'il en aurait besoin !!!
Et oui, au CRA on ne peut pas avoir sa valise de fringues avec soi, au CRA on n'a pas forcément l'eau chaude, au CRA on n'a pas assez de couvertures, au CRA on est en souffrance, au CRA on doit subir l'autorité violente de la police et on est INNOCENT.
C'est une prison plus violente que la prison parce qu'on est innocent.
Pas de médecin sans frontière pour défendre MR N., malade, qui va être expulsé vers le pays qu'il fuit ;
Pas d'avocat sans frontière pour Mme M., qui a eu l'audace de traverser une rue pour se faire coiffer et écope de 5 mois d'emprisonnement en France alors qu'elle travaillait depuis plus de 2 ans en Suisse, sans avoir subi aucun contrôle,
Pas de défenseur sans frontière des droits de l'homme pour D., 21 ans, le sourire aux lèvres, qui après avoir été prisonnier 90 jours en Lybie, sera 60 jours prisonnier en France avant de prendre un avion pour l'Italie !
J'espère que H., que nous avons vu ce matin retrouve la liberté cet après-midi ; il est en plein désarroi, abasourdi par ce qui lui est arrivé et par les conséquences qui en découlent sur sa famille .
Cependant :
Eux c'est Nous et tout ce qui est humain est notre !

⚫️

20/11/2019 - Gouverner, c’est créer des numéros verts
Le gouvernement a trouvé la méthode universelle pour résoudre les problèmes d'accès aux services publics : créer un numéro d’appel.

Vous êtes un étudiant précaire qui n’arrive plus à s’en sortir ? La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a annoncé la création d'un numéro d'appel afin de mettre en relation les étudiants en difficulté financière avec une assistante sociale qui pourra … les informer.

Les urgences sont saturées ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé la création d’un « numéro unique d'accès aux soins » qui vous aiguillera très certainement vers … les urgences.

Des soupçons de radicalisation ? Appelez le 0 800 005 696, vous pourrez y dénoncer votre voisin barbu ou votre voisine voilée comme vous y a invité le président de la République.

Vous êtes réfugié et vous voulez déposer une demande d’asile ? Fini les longues files d’attente, vous pouvez désormais appeler une plateforme téléphonique de prise de rendez-vous (appel payant). Celle-ci est saturée et vous raccroche au nez 45 minutes et 5 euros plus tard ? Renouvelez votre appel (et payez) autant de fois que nécessaire (voir ici). Vous n’avez pu obtenir de rendez-vous dans les délais (raccourcis par la loi Asile et Immigration) ? Dommage, vous êtes désormais en situation irrégulière et vous serez expulsé car vous n’avez « plus rien à faire là » comme dit le président de la République.

Il fut un temps où les services publics fonctionnaient correctement. Après des années de coupes budgétaires pour compenser les baisses d’impôts pour les grandes entreprises et les plus fortunés, les dysfonctionnements se multiplient alors que les besoins augmentent en raison d’une plus grande précarité.

La solution serait-elle de redonner des moyens aux services publics et de prendre des mesures pour réduire la précarité ? Non, vous n’y êtes pas du tout. La solution, c’est de créer un numéro d’appel en amont des services publics déficients pour vous faire patienter. A moins que ce ne soit pour vous faire comprendre comment vous en passer.

⚫️

22/10/2019 - C'est l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un papa qui n'a pas les papiers pour vivre sur le territoire français. C'est surtout  l'image de notre société, de notre façon de vivre, de notre indifférence qui est évoquée ici.  "Ici",  c'est le palais de justice de Toulouse, mais ce pourrait être celui de Nantes ou de Paris,  puisque les récits entendus sont similaires. Le début de la mésaventure de ce papa se situe à proximité d'un centre commercial, et plus précisément à côté du conteneur poubelle, l'endroit où sont jetés les produits périmés invendables.  Endroit convoité par tous les sans droits de nos sociétés. Endroit choisi par la police pour guetter ceux qui oseraient " voler" les déchets et les invendus divers.  Ce papa n'a pas été pris la main dans la poubelle, on l'a juste suspecté de vouloir le faire.  Pour cela il a été interpellé, arrêté, incarcéré en centre de rétention, séparé de sa femme et de ses 4 enfants. Heureusement, le juge aujourd'hui a décidé de le remettre en liberté suite à des irrégularités de procédure.
Quoi qu'il en soit, la réalité reste: nous vivons dans un monde de bêtes féroces où ceux qui peuvent consomment aveuglément et sans limites laissant les autres à la rue, avec comme seule pitance les déchets des poubell
es, qui de surcroit leur sont interdits.

⚫️

23/9/2019 - D’où viennent les « migrants économiques » ?
(Citation extraite d’un article de Toni Morrison publié en mars 2015 par l’hebdomadaire The Nation)

"Pendant la majeure partie des cinq derniers siècles, l’Afrique a été considérée comme pauvre, désespérément pauvre, en dépit du fait qu’elle est outrageusement riche en pétrole, or, diamants, métaux précieux, etc. Mais comme ces richesses n’appartiennent pas en grande partie à ceux qui y ont vécu toute leur vie, elles sont restées dans l’esprit de l’Occident dignes de dédain, de douleur et, bien sûr, de pillage. Nous oublions parfois que le colonialisme était et est toujours une guerre, une guerre pour contrôler et posséder les ressources d’un autre pays, c’est-à-dire l’argent. Nous pouvons aussi nous leurrer en pensant que nos efforts pour « civiliser » ou « pacifier » d’autres pays ne sont pas une question d’argent. L’esclavage a toujours été une question d’argent: du travail gratuit produisant de l’argent pour les propriétaires et les industries. Les « travailleurs pauvres » et les « pauvres sans emploi » contemporains sont comme les richesses dormantes de « l’Afrique coloniale la plus sombre » – disponibles pour le vol des salaires et le recel des biens, et appartenant à des entreprises métastatiques qui étouffent les voix dissidentes."

À la lumière de ce texte, qui décrit une réalité incontestable, qui peut dès lors prétendre être surpris que des milliers de personnes décident d'abandonner leurs vies, leurs familles, leur histoire pour chercher une vie meilleure ailleurs?
Qui peut dès lors, la main sur le cœur, prétendre que c'est nous, les pays du "premier monde", qui sommes "injustement envahis" par des hordes de "profiteurs parasites" alors que seule une toute petite partie de ces exilé.e.s s'installent dans nos pays?
Qui peut dès lors leur refuser le droit de chercher une vie meilleure, dont nous les avons privés dans leurs propres pays?

⚫️

15/9/2019 - On parle d’État de droit ou des tas de droits ?
Suite à nos protestations sur l’expulsion collective de familles de Géorgiens au début de l’été, le préfet de la Côte d’Or nous précise que « La politique migratoire conduite par le Ministère de l’Intérieur et que je mets en oeuvre /…/ est une politique équilibrée qui s'inscrit dans la stricte application de la loi et de l'État de droit. L’État de droit ne saurait être divisible : c'est l’État de droit qui instruit avec rigueur, discernement et humanité /.../ c'est aussi ce même État de droit qui éloigne des étrangers en situation irrégulière ».
Se réfugier ainsi sous le parapluie des tas de droit que nos dirigeants s’évertuent à complexifier chaque fois plus pour interdire tout accès au séjour des étrangers ou pour transformer des problèmes administratifs en délit pénal en prononçant des interdictions de territoire et ainsi transformer la rétention en détention est la marque d’une dérive continue vers une perte de valeur.
Il n’est pas fortuit que la nouvelle Commission européenne change le nom de l'ancien portefeuille lié au droit d'asile, "Migrations, Affaires intérieures & Citoyenneté" par "Protection du mode de vie européen" en omettant ainsi l'essentiel qui serait de « Protéger nos valeurs européennes ».

⚫️

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

Collectif 20 juin

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " contre les murs "

Journée mondiale des réfugiés 20 juin 2020 " la traversée du désert "

Depuis 4 ans, chaque année à Toulouse le "collectif 20 juin Toulouse" organise la Journée Mondiale des Réfugié·e·s.
Du fait de l’épidémie de COVID-19 et des restrictions sanitaires, le collectif a dû annuler, à contre cœur, les deux belles journées événements qu'il avait préparées pour cette édition 2020...
Il était malgré tout important pour nous de faire quelque chose. C'est pourquoi nous avons décidé de vous faire vivre ce temps dédié aux réfugié·e·s de façon virtuelle !

Archive

Powered by mod LCA