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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Fermez les Centres de Rétention !

La secrétaire générale de La Cimade dénonce : les enfermements arbitraires, les violences et les mises à l’isolement répétées, un climat de stigmatisation grandissante, les expulsions illégales

Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : InfoMigrants - Charlotte Oberti - 26/11/2020

En région parisienne, des migrants, qui disent parfois essayer de déposer une demande d'asile depuis des mois, dénoncent les heures passées, en vain, à essayer de joindre la plateforme téléphonique de l'Ofii pour prendre rendez-vous. Selon le centre d'entraide le Cèdre, les prises de rendez-vous sont particulièrement difficiles à obtenir depuis le premier confinement.

"On essaye de vous appeler depuis quatre mois." "On est deux familles avec deux bébés (...) On arrive à avoir personne. Ça nous coûte de l'argent tous les jours. Nous sommes des personnes vulnérables. Il faut que vous décrochiez rapidement." "Cette situation accentue notre vulnérabilité et précarité au point que nous sommes traumatisé·e·s."

Ces témoignages, recueillis entre les mois de juin et de septembre par le Cèdre, centre d'entraide pour les demandeurs d'asile et les réfugiés qui fait partie du Secours catholique, sont ceux de migrants en France qui ne parviennent pas à joindre la plateforme téléphonique de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), et qui se disent donc dans l'incapacité d'entamer une procédure de demande d'asile.

En mars dernier, l'accès à la plateforme téléphonique de l'Ofii, qui délivre des rendez-vous, avait été suspendu en région parisienne. Il a été rétabli en mai mais cette reprise "s'est révélée apathique", dénonce le Cèdre, qui tacle "un système désastreux d’enregistrement de la demande d’asile en Île-de-France" dans un communiqué publié le 19 novembre.

"L'Ofii n'est plus une administration, c'est un répondeur"

"La situation n'est jamais revenue comme avant le premier confinement", relève Aurélie Radisson, directrice du Cèdre, jointe par InfoMigrants, précisant que cette situation-là était déjà "largement insuffisante" à l'époque.

En novembre 2019, une lettre rédigée par un groupe de migrants avait déjà été adressée à l'Ofii pour alerter sur ces délais d'attente impossibles, "allant de plusieurs semaines à plusieurs mois", selon Aurélie Radisson. "L'Ofii n'est plus une administration, c'est un répondeur", écrivent les membres du centre dans leur communiqué, rappelant que parvenir à joindre ces services relève d'un "véritable exploit". 

A (re)lire : Demande d'asile en Île-de-France : "Pour appeler le numéro de l’Ofii, encore faut-il avoir un portable…"

Le problème est récurrent et bien connu des migrants. Dans le nord de Paris, il est fréquent de voir ceux qui errent à la rue rester pendus au téléphone, écouteurs aux oreilles, dans l'attente d'un éventuel interlocuteur. Fin septembre, un homme afghan vivant dans l'ancien camp de Saint-Denis avait confié à InfoMigrants avoir appelé 175 fois le numéro de l'Ofii en 24 heures pour obtenir un rendez-vous, sans succès.

Un migrant afghan a essayé de joindre la plateforme téléphonique de l'Ofii 175 fois, sans succès. Crédit : InfoMigrants
Un migrant afghan a essayé de joindre la plateforme téléphonique de l'Ofii 175 fois, sans succès. Crédit : InfoMigrants
"Volonté politique"

Au-delà de générer du stress et des coûts financiers - le coût d’un appel à l’Ofii est évalué à environ 6 euros, selon le Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés) -, le difficile accès à la plateforme téléphonique de l'Ofii a des conséquences sur la situation matérielle des migrants.

"Comme nous n’arrivons pas à vous joindre, nous avons plusieurs problèmes : nous n’avons pas de papier donc nous avons peur de la police (...). Nous n’avons pas d’hébergement et pas accès aux actes médicaux. Nous avons du mal à nous alimenter et nous n’avons pas d’argent", explique un groupe de 15 personnes, citées elles aussi par le Cèdre, après avoir tenté pendant un mois de joindre les services d'immigration.

Une fois une demande d'asile déposée, la personne qui effectue cette démarche peut prétendre à l'ADA (Allocation pour demandeur d'asile), à un hébergement et à la couverture santé CMU-C. "Cette attente retarde tout et en cas de contrôle des forces de l'ordre, ces personnes ne sont absolument pas protégées. Elles peuvent être envoyées en centres de rétention", explique encore Aurélie Radisson. 

A (re)lire : Sans-papiers, demandeurs d’asile : à quelles aides médicales avez-vous droit en France ?

Pour cette dernière, au-delà de la saturation des services, il y aurait une volonté politique derrière cette lenteur. "C'est la même politique que celle qui mène à la dispersion des campements : il s'agit de faire en sorte que la demande d'asile en Île-de-France soit suffisamment difficile pour qu'il y ait une dispersion sur le territoire", fustige-t-elle. "Mais on aurait plutôt intérêt à intégrer ces personnes dans le dispositif et à leur proposer des solutions d'hébergement pour que les campements ne se forment pas."

"Plus d'un demandeur d'asile sur deux en France s'inscrit en Île-de-France"

De son côté, Didier Leschi, le directeur de l'Ofii, contacté par InfoMigrants, conteste en bloc ces accusations. Selon lui, le système n'est pas plus lent qu'avant et les migrants n'ont pas à attendre plusieurs mois pour prendre rendez-vous. 

"35 000 rendez-vous ont été pris par l'Ofii depuis le début de l'année et plus d'un demandeur d'asile sur deux en France s'inscrit en Île-de-France, c'est aussi lié au fait que c'est plus rapide en Île-de-France qu'ailleurs, je suis à peu près certain de ça", affirme-t-il. "En tout cas, dans notre organisation, rien n'a changé. Il y a toujours 12 personnes qui travaillent sur la plateforme."

Les migrants et les organisations qui leur viennent en aide suggèrent pour leur part des améliorations : la mise en place d'un numéro gratuit, la création d'une plateforme Internet pour prendre les rendez-vous, ou encore une augmentation des "quotas quotidiens de rendez-vous à accorder".

 

 

Vite dit

06/06/2022 - Archarnement administratif, ca suffit !

« Comment peut-on croire qu'on sera plus heureux en faisant du mal à d'autres ? » (Hervé le Tellier – L'anomalie)

Ce mardi 7 juin 2022, Gideon est convoqué au tribunal judiciaire de Toulouse. Combien de juges a-t-il vu depuis le jour où il a été interpellé au commissariat de Pamiers ?

Au moins 7.

Le 3 mai, ce jeune gabonais de 18 ans, a été placé au centre de rétention de Cornebarrieu pour un vol prévu le 4 mai vers Libreville. Ce placement rendu possible par la loi (Article L 740-1 CESEDA) a été concrétisé par la préfecture de l'Ariège.

Il a refusé d'embarquer car toute sa famille vit en France de manière régulière. Il est scolarisé au lycée de Lavelanet et n'a plus du tout d'attache au Gabon.

Le 5 mai, le juge de la liberté et de la détention (JLD) décide de la prolongation de sa rétention (Article L742-3 CESEDA) permettant ainsi à l'administration d'organiser un nouvel 'éloignement'.

C'est le 27 mai qu'aura lieu cet 'éloignement' mais cette fois avec des techniques coercitives musclées (GTPI). Monté de force dans l'avion, Gidéon sera ligoté et molesté jusqu'au moment où le commandant de bord exigera son débarquement.

Mais s'opposer à son expulsion est un délit. Gidéon passera le soir même devant le procureur en CRPC (Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité) et sera puni d'une peine de prison de 3 mois avec sursis et 5 ans de mise à l'épreuve.

A 100 km de Toulouse, la préfète de l'Ariège reste inflexible : Gidéon doit rester enfermé pour être expulsé.

Le 2 juin, la juge JLD rendra un avis légèrement plus conciliant en lui permettant de rejoindre famille mais en l'obligeant à signer tous les jours au commissariat.

La préfecture de l'Ariège n'a pas apprécié cette décision. Elle a fait appel et l'audience aura lieu ce mardi 7 juin à 9h45 au palais de justice de Toulouse.

Si vous venez à cette audience, vous ne verrez pas le ou la signataire de cet appel. Il ou elle se fera représenter par un ou une porte-parole bien obéissant.e.

On sait qu'un nouveau vol a été demandé par la préfecture et si Gidéon le refuse, il risque cette fois 3 ans d’emprisonnement et une interdiction du territoire de 10 ans.

Depuis ses 18 ans, Gidéon vit sous la menace d'une arrestation, d'une expulsion !

Ce 6 juin, c'est son anniversaire. Il a 19 ans.

 

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