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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Source : Le Monde - Julia Pascual - 22/7/2019

A Calais, entre 300 et 600 migrants sont présents en permanence, dans des campements de fortune. Les associations dénoncent une « catastrophe humanitaire » quand l’Etat parle d’une situation « apaisée ».

« A un moment, faut aller faire le sanglier. » L’adjudant-chef Maxence et le brigadier-chef Manon enjambent la ganivelle et s’enfoncent dans la dune. Une torche à la main, ils fouillent les buissons. Quelques instants plus tard, ils en ressortent avec un bidon d’essence de 20 litres. « A mon avis, il y avait une préparation de départ », dit l’adjudant-chef, satisfait. Il est aux alentours de 5 heures du matin, aux abords d’une plage du Pas-de-Calais, et des gendarmes patrouillent le long du littoral dans le but d’empêcher le départ de « small boats », ces petites embarcations de migrants qui tentent de gagner les côtes anglaises. Au loin, des tankers et des ferrys éclairent l’horizon nocturne.

Un officier de la gendarmerie mobile utilise une paire de jumelle à vision nocturne lors d’une patrouille à Calais.
Un officier de la gendarmerie mobile utilise une paire de jumelle à vision nocturne lors d’une patrouille à Calais. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

« L’idée, c’est davantage de dissuader les passeurs que d’interpeller », explique le lieutenant-colonel Jean-Luc Péreau. Parfois les militaires retrouvent les traces d’un campement éphémère, un canot pneumatique abandonné à la hâte. « Il y a une dizaine de jours, on a fait avorter une tentative, assure l’adjudant-chef Maxence. Trois migrants ont pris la fuite en nous voyant. »

Un bidon d'essence dissimulé dans un sac poubelle est retrouvé dans une dune.
Un bidon d'essence dissimulé dans un sac poubelle est retrouvé dans une dune. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

Diverses unités sont mobilisées pour assurer cette surveillance des plages et de leurs abords. « Ils prennent de plus en plus de risques », constate un gendarme, mobilisé cette nuit-là. Lui travaille d’ordinaire dans une unité routière et il a vu des migrants se cacher dans le bloc-moteur d’un bus et même dans des camions-citernes.

« Les migrants prennent de plus en plus de risques »

Mardi 16 juillet, un Irakien, équipé de palmes et d’une bouée, s’est jeté à l’eau pour tenter de parcourir les 33 kilomètres de détroit à la nage, jusqu’aux côtes anglaises. Il a été signalé par un bateau de pêche, à cinq kilomètres au nord de Calais (Pas-de-Calais). « C’est la première fois que ça arrive », confie Ingrid Parrot, chargée de communication de la préfecture maritime de la Manche.

Des grillages et des barbelés, installés en dessous des ponts pour éviter que des personnes ne puissent s'y abriter.
Des grillages et des barbelés, installés en dessous des ponts pour éviter que des personnes ne puissent s'y abriter. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

Depuis que le phénomène a pris de l’ampleur, à l’automne 2018, les autorités décomptent près de 200 tentatives de passages, dont environ la moitié a réussi. Comparé aux quelque 25 000 interpellations de migrants réalisées chaque année depuis trois ans sur le port de Calais et à l’entrée de l’Eurotunnel, grâce aux contrôles de véhicules, le phénomène des « small boats » reste très circonscrit. « Le problème, c’est que ça se retrouve dans les feuilles de chou locales et les Anglais sont à cran là-dessus, c’est hypersensible, assure, sous couvert d’anonymat, un cadre de la police. Ils ont peur de l’accident. »

D’où une recrudescence de moyens, financée pour partie par l’Angleterre. Tandis que les effectifs de gendarmes continuent de se relayer aux abords des plages, le jour se lève sur la côte d’Opale. A Calais, des groupes de migrants se réveillent dans des campements et, machinalement, déplacent leurs duvets et leurs tentes de quelques mètres. L’exercice se répète un jour sur deux, au rythme des évacuations.

Un jour sur deux, Shazad et Kakou, 16 ans, se font chasser par les forces de l'ordre puis rejoignent leur campement de fortune quelques minutes plus tard.
Un jour sur deux, Shazad et Kakou, 16 ans, se font chasser par les forces de l'ordre puis rejoignent leur campement de fortune quelques minutes plus tard. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

« Une routine absurde »

Ce matin-là, en contrebas de la rocade portuaire, le long d’un mur anti-intrusion financé par l’Angleterre en 2016, un groupe d’une trentaine d’Erythréens s’exécute. Il s’agit d’hommes, principalement, mais une femme et son enfant de 3 ans sont aussi présents. Ils vont s’asseoir à quelques mètres et attendent, peu avant 9 heures, l’arrivée de deux fourgons de gendarmerie. Quelques sacs-poubelle et deux chaises sont ramassés puis les militaires repartent, une poignée de minutes plus tard, et le groupe d’Erythréens peut de nouveau s’installer.

Une tente du camp « Stadium » au pieds du mur anti-intrusion financé par l’Angleterre.
Une tente du camp « Stadium » au pieds du mur anti-intrusion financé par l’Angleterre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

« C’est une routine absurde », dénonce Hugo, qui participe aux observations des démantèlements pour l’association L’Auberge des migrants. Ce matin-là, trois campements seront ainsi évacués. Et le seront de nouveau le surlendemain. Vendredi 19 juillet, des rochers massifs ont, en outre, été installés aux abords du campement des Erythréens, « pour empêcher nos distributions de repas », estime Yolaine, de l’association Salam, qui distribue tous les jours de la nourriture dans la poignée de campements éparpillés sur Calais, le plus souvent cachés par des buissons ou des arbustes. En janvier, ce sont des barrières surmontées de barbelés qui ont été fixées sous le pont de la rocade portuaire, où s’abritaient certains d’entre eux. Un mur de trois mètres de haut encercle la station-service Total, non loin, depuis laquelle des migrants tentaient d’entrer dans des camions.

La station d'essence Total s'est équipée d'un mur anti-intrusion de 5 mètres de haut et de barbelés pour éviter les passagers clandestins dans les camions vers l'Angleterre.
La station d'essence Total s'est équipée d'un mur anti-intrusion de 5 mètres de haut et de barbelés pour éviter les passagers clandestins dans les camions vers l'Angleterre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

Les années passent et la ville continue de s’armer de clôtures. Pourtant, « la situation est beaucoup plus contenue et apaisée », assure le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry. Environ 300 migrants sont présents en permanence sur place – le double, d’après plusieurs associations. Quoi qu’il en soit, un chiffre « parmi les plus faibles de l’histoire migratoire de Calais », souligne M. Sudry, qui se réjouit de « faire évoluer l’image de la ville ». En 2016, jusqu’à 10 000 personnes ont vécu dans le bidonville surnommé la « jungle ».

Le tarissement des flux d’arrivées depuis la Libye, la lutte contre les réseaux et le rythme quotidien des évacuations, contribue à éviter sa reconstitution. « C’est épuisant », regrette Yolaine. Le 11 juillet, une dizaine d’associations dénonçaient dans un communiqué « l’indignité de la politique anti-accueil ». « Ici, les gens deviennent fous », confirme Suleman (tous les prénoms des migrants ont été modifiés), un Afghan. A l’image de nombreuses personnes présentes dans les campements, il accuse plusieurs années de vie en Europe.

Lire aussi Au tribunal de Boulogne-sur-Mer, les petites mains du passage

Chaque jour, une trentaine d’interpellations à Calais

Lui a d’abord échoué à obtenir l’asile en Allemagne avant d’être débouté en France. Il compte faire appel mais, sans solution d’hébergement, il est venu à Calais. Son ami, Farhad, a vécu quatre ans à Hambourg. Egalement débouté de sa demande d’asile en Allemagne, il a voulu retenter sa chance en France. En vertu du règlement de Dublin, il a été renvoyé outre-Rhin. Farhad est revenu aussitôt. Il doit désormais attendre dix-huit mois avant de pouvoir redéposer une demande d’asile, « sans argent, sans hébergement », précise-t-il. Du coup, il veut aller en Angleterre.

Un camp de la zone des « huttes » en face de l'enceinte de l'association Vie Active, chargée par l'état français de la distribution de repas et de l'accueil des migrants quatre heures par jour.
Un camp de la zone des « huttes » en face de l'enceinte de l'association Vie Active, chargée par l'état français de la distribution de repas et de l'accueil des migrants quatre heures par jour. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

Ahmed, un Somalien de 20 ans, « dubliné » en Grèce, est dans la même situation. La veille, il a été interpellé alors qu’il essayait de monter dans un camion pour l’Angleterre. Il recommencera. Comme Adel, un Afghan contrôlé à maintes reprises dans des camions ou aux abords des campements. « Je suis allé dix ou quinze fois en centre de rétention administrative », assure-t-il. A défaut d’être expulsé en Afghanistan, il en ressort libre. Chaque jour, une trentaine d’interpellations ont lieu à Calais. Le passage en Angleterre, « c’est une question de chance », résume Yonas, un Erythréen présent à Calais depuis un an et cinq mois, passé par la Pologne, quatre ans, et l’Allemagne, avant d’arriver en France.

Des bidons d'eau potable aux abords d'un camp, à Calais.
Des bidons d'eau potable aux abords d'un camp, à Calais. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"

Pour Yolaine, « le problème de Calais ne va jamais se régler ». « C’est une catastrophe humanitaire », répète-t-elle. Pour y faire face, et compte tenu d’une injonction du Conseil d’Etat en ce sens, l’Etat a mis en place des douches mobiles, quelques toilettes et des points d’eau ou encore des distributions de repas. « Rien n’est au même endroit pour éviter de créer un point de fixation et une situation anxiogène, conformément à la volonté du gouvernement », explique Nathalie Chomette, directrice départementale de la cohésion sociale, rencontrée sur l’un des sites. Un Iranien se présente, il montre les traces de scarifications qu’il s’est infligées aux avant-bras et aux chevilles pour empêcher son expulsion d’Angleterre. Il avait réussi à atteindre l’île, en mai, à bord d’un petit bateau. « Ce n’est pas l’eldorado l’Angleterre, monsieur », lui fait remarquer la fonctionnaire. Conformément au règlement de Dublin, l’Iranien a été renvoyé en France. Arrivé par l’aéroport de Toulouse, il est aussitôt revenu à Calais.

Julia Pascual

 

 

Vite dit

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Désespoir

17/4/2020 - COVID-19 : CRA zone de non droit - agissons pour leur fermeture

Comme certains autres centres de rétention, le CRA de Toulouse-Cornebarrieu n'est toujours pas vide et ne le sera sans doute jamais car il semble servir de déversoir pour les préfets qui continuent de délivrer des Ordres de Quitter le Territoire Français, ordre absurde s'il en est vu la fermeture actuelle des frontières.
Les centres de rétention sont des zones où il est difficile de savoir réellement ce qui s'y passe. C'est ce qui avait déjà été dénoncé en 2012 pendant la campagne inter-associative 'Ouvrez les portes, on a le droit de savoir' avec Migreurop, Alternatives européennes et Reporters sans frontières auquel le Cercle des Voisins avait participé http://www.migreurop.org/article2106.html
Ces espaces fermés et surveillés par la police sont d'autant plus effrayants pendant cette période de confinement que toute visite devient maintenant impossible.
Les associations d'aide juridique se sont retirées( la Cimade pour le CRA de Cornebarrieu), l'agent de l'Office Francais de l'Immigration et de l'Intégration (OFII ) ne montre son nez que quelques heures par semaine mais son aide se résume à permettre 2 appels téléphoniques aux retenus qui le demandent. Pas de retrait d'argent impossible car selon eux les bureaux de poste sont fermés. Or sans argent, comment acheter des cigarettes, des cartes de téléphone...

Samedi 11 avril, le centre comptait 3 retenus et ce jeudi 16 avril, 5 hommes et une femme y sont maintenant enfermés. Les portes ne semblent s'ouvrir que dans un seul sens !
Le centre de Cornebarrieu compte 3 secteurs hommes, un secteur femme et un secteur famille. Dans chaque secteur, il y a un téléphone public où il est normalement possible de joindre les retenus depuis l'extérieur.
Les 5 hommes sont tous rassemblés au secteur D mais c'est le seul dans lequel il est impossible de les joindre car le téléphone est hors service.
Les retenus ont demandé à changer de secteur mais cela leur a été refusé.

L'un deux est au centre depuis 45 jours (en provenance de Lyon), un autre depuis 21 jours, deux autres sont arrivées plus récemment (le 13/04 après un contrôle à Perpignan et un autre ce jeudi 16 avril).
Une jeune femme arrivée dans le centre il y a 3 jours se retrouve complètement isolée dans son secteur. Elle a 19 ans. Elle ne mange pas.
Et bien sûr, pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, un peit savon
Vous qui êtes français et pendant ce confinement, vous avez du expérimenter une ou plusieurs fois des contrôles policiers visant à vérifier votre attestation de déplacement. Vous avez peut-être tester l'arbitraire de certains contrôles comme ce qui est décrit dans cet article
https://www.bastamag.net/attestation-controle-deplacement-PV-amendes-violences-policieres-confinement-covid
Imaginez ce que peut-être l'arbitraire policier quand vous le subissez 24h/24 dans un centre fermé ! La parole du prisonnier.e ou du "retenu.e" (euphémisme utilisé par l'administration) a -t-elle la même valeur que celle de l’homme ou de la femme en uniforme ?
https://www.liberation.fr/debats/2020/03/18/l-inegalite-des-vies-en-temps-d-epidemie_1782169

Les audiences devant le juge des libertés où nous nous avions l'habitude de nous poster en tant qu'observateur nous sont maintenant inaccessibles. Elles fonctionnent par visio-conférence. Aucune présence citoyenne donc.
Joint sur son propre téléphone, un homme nous dit que les policiers les menacent s'ils évoquent les conditions de leur rétention pendant l'audience.Lui-même a été malade, fiévreux, avait du mal a respirer et a appelé les services d'urgence avec son propre téléphone. C'est un homme en veste rouge de la société ONET qui est venu et a estimé qu'il simulait. Il a ensuite subi la répression policière. Il a été frappé et mis à l'isolement.

Mais les policiers semblent aussi se donner du bon temps avec grillades et bières au menu dans la cour du CRA. Peut-être que les journalistes pourraient aller y faire un tour au moment des repas pour vérifier la fumée.
Mas d'autres distractions policières sont encore moins amusantes et pourraient faire l'objet d'une enquête, comme dire à un retenu de rassembler ses affaires car il est libérable et le traiter de mongole quand il se présente avec son sac, avec ordre de regagner sa cellule.

 

Désespoir

15/4/2020 - Coronavirus et manifestation au CRA du Mesnil-Amelot : le choix de la répression

Ce mardi 14 avril, Christophe Castaner était l'invité du grand entretien sur France Inter. A une question sur la régularisation des sans-papiers, comme l'a fait le Portugal, le ministre de l'intérieur répond: "Si l'on regarde bien ce qu’a fait le Portugal, on s’aperçoit que nous avons le même dispositif, et que nous l’avons même fait avant le Portugal. Là-bas, il s’agit d’une régularisation temporaire de personnes arrivées avant le 18 mars. Nous, nous avons mis ça en place de façon systématique et pour tout le monde : nous n’avons pas besoin de prendre des mesures temporaires parce que les soins urgents sont assurés pour tous. S’agissant des situations administratives, nous avons prolongé de 90 jours tous les titres. Pour faire simple : nous avons fait comme le Portugal, mais avant le Portugal."

Aucune réaction des journalistes Léa Salamé et Nicolas Demorand !

Désespoir

Monsieur Castaner et ses interlocuteurs ne peuvent pourtant pas ignorer ce qu'a déclaré Adeline Hazan, le contrôleure des lieux de privation de liberté le 11 avril sur cette même radio.

"Aucun plan n’avait été envisagé pour faire face aux conséquences d’une épidémie en prison"
Ce même 11 avril, Monsieur Castaner ne pouvait pas ignorer que les prisonniers du CRA du Mesnil-Amelot en grève de la faim pour réclamer leur liberté ont été durement réprimés ce même 11 avril. C'est lui qui a donné l'ordre aux CRS de mater la rébellion.
C'est encore lui qui a autorisé le transfert de ces hommes dans d'autres centres de rétention (Lille, Rouen).

Alors, cessez de mentir Monsieur Castaner : La France n'a pas régularisé les sans-papiers comme l'a fait le Portugal.
Cessez de participer à la propagande gouvernementale, messieurs les journalistes!

 

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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