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Le Cercle des Voisins

Informe de l'atteinte à la dignité et aux droits humains que représente l’existence et le fonctionnement du «Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu», défend la libre circulation des personnes et dénonce le système mis en place pour l’expulsion des personnes privées de papiers.

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Solidarite avec Mimmo Lucano

Source : Mediapart - Mathilde Mathieu - 28/3/2019

Les États membres de l’Union européenne ont décidé, mercredi 27 mars, de retirer leurs navires militaires engagés en Méditerranée dans le cadre de l’opération militaire dite « Sophia », au moins temporairement. Depuis 2015, ces bateaux ont pourtant permis de sauver 45 000 migrants environ.

Certains compromis entre ambassadeurs très urbains sont des capitulations en rase campagne. Sous la pression de Matteo Salvini (vice-premier ministre italien), les représentants des pays de l’Union européenne sont tombés d’accord, mercredi 27 mars, pour retirer de Méditerranée, au moins temporairement, tous leurs navires militaires susceptibles de porter secours aux migrants dans le cadre de l’opération militaire dite « Sophia ».

La décision doit être encore formalisée par le Conseil européen d’ici le 31 mars, mais son application dans la foulée ne fait plus aucun doute.

Les deux navires actuellement sur zone devraient ainsi rentrer au bercail dès dimanche (un bâtiment italien et un espagnol), alors que le dernier navire français engagé, le Jacoubet, a déjà quitté la zone en toute discrétion, il y a une grosse semaine.

Lancée en pleine crise des réfugiés en 2015, avec d’abord pour mission de lutter contre les trafiquants de migrants, de faire ensuite respecter l’embargo sur les armes et le pétrole libyens, cette opération sous commandement italien, votée à l’époque à l’unanimité des vingt-huit États membres, embryon d’une politique de défense commune, a servi « au passage » à sauver des vies, soit 44 916 hommes, femmes et enfants.

Elle avait été rebaptisée Sophia en référence à un bébé somalien né en mer en 2015, sur un bâtiment allemand.

Comme n’importe quel marin civil, un capitaine de frégate a en effet pour obligation de porter assistance à toute embarcation en péril.

Mais la règle prévue en 2015 pour le débarquement des rescapés, déposés en principe en Italie, était dénoncée depuis juin dernier par la coalition arrivée au pouvoir à Rome, composée de la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), résolue à « fermer les ports », et des contestataires du Mouvement Cinq Étoiles (M5S).

D’ici trois jours, aucun navire ne portera donc plus l’emblème de Sophia en Méditerranée centrale, alors même que les bateaux humanitaires en ont déjà été écartés les uns après les autres (tantôt privés de pavillon, tantôt placés sous séquestre, etc.).

Au large des côtes libyennes, le nombre de corps repêchés ou disparus (certes en forte baisse) ne descend pourtant pas en dessous de deux par jour, en moyenne, depuis le début de l’année 2019.

L’UE prétend donc sauver encore un peu les apparences, quitte à frôler le ridicule.

Officiellement, l’opération Sophia (« Force navale européenne en Méditerranée » de son vrai nom) n’est pas coulée : les États membres reconduisent pour six mois son mandat qui arrivait à échéance au 31 mars. Mais elle se contentera de moyens exclusivement aériens désormais : avions ou hélicoptères pour de la surveillance, du renseignement, etc.

Sur l’eau, l’usage d’unités est « suspendu », ce qui ne manque pas de sel pour une opération « navale ».

À vrai dire, Matteo Salvini réclamait la clôture pure et simple de la mission. Mais sa radicalité ne faisait pas l’unanimité au sein de son propre gouvernement : le ministre des affaires étrangères et son homologue de la défense (issue du MS5), soucieux du standing international de l’armée transalpine et de la préservation de sources de renseignement précieuses sur les trafics à ses frontières, réticents aussi à l’idée de perdre le QG installé à Rome, demandaient plutôt que les débarquements soient répartis à l’avenir entre pays côtiers, notamment avec la France et l’Espagne.

L’idée a fait un bide à Bruxelles, où la politique de défense se décide en plus à l’unanimité.

Pour Paris, entre autres, cette option était inenvisageable – elle aura sans doute été balayée au nom des conventions maritimes internationales qui imposent un débarquement dans « le port sûr » le plus proche du sauvetage. Sollicités par Mediapart, ni l’Élysée ni le quai d’Orsay n’ont toutefois répondu à nos questions.

La « solution » finalement bricolée mercredi, à deux mois d’un scrutin européen, ressemble fort à un « compromis électoral » (comme l’écrit la presse italienne), offrant à la fois un statu quo de façade aux gouvernements dits « progressistes », qui répugnent à enterrer Sophia et peuvent toujours rêver que les élections de mai rebattent les cartes, et une victoire à Matteo Salvini, qui peut se vanter de fermer ses ports non seulement aux ONG mais aussi aux frégates de Macron et Merkel.

Avant les ultimes négociations de cette semaine à Bruxelles, le travail de sape des autorités italiennes était de toute façon bien entamé. En janvier, déjà, la ministre de la défense allemande avait dénoncé tout haut ce que bien des armées européennes marmonnaient tout bas, reprochant au commandement romain d’envoyer les navires de Sophia « dans les coins les plus reculés » de la Méditerranée, dépourvus de trafiquants et « sans couloirs de migrants ». Elle avait d’ailleurs rappelé sa dernière frégate dans la foulée.

En août 2015, des rescapés sont transférés vers un navire allemand. En violet, une femme enceinte s’apprête à donner naissance à une fillette somalienne, Sophia, qui donnera son nom à l’opération militaire européenne. © Bundeswehr
 

Interrogé par Mediapart sur le nombre de sauvetages effectués dans les six derniers mois, un porte-parole de Sophia reconnaît aujourd’hui sans fard qu’il est nul : zéro migrant repêché (contre 2 291 sur les premiers mois de 2018, représentant 9 % des secours opérés cette année-là).

Inquiets de se retrouver ainsi en première ligne, les organisations d’armateurs exploitant des navires commerciaux en Méditerranée avaient ainsi intensifié, ces dernières semaines, leur lobbying pour tenter de sauver Sophia, ou plutôt ses capacités de secours en mer.

« Nous voulons exprimer notre inquiétude face aux conséquences pour les navires marchands d’un non-renouvellement du mandat, écrivaient l’ECSA et l’International Chamber of Shiping (représentant l’essentiel des armateurs européens), dans un courrier expédié le 11 mars à tous les États membres et consulté par Mediapart. En l’absence d’opération internationale dotée de ressources suffisantes, il existe un risque de renforcer les trafiquants de migrants et de miner les efforts visant à construire des capacités de sauvetage adéquates en Méditerranée centrale. »

« Un navire marchand est équipé en général pour une vingtaine de personnes, souligne aussi Nelly Grassin, au nom d’Armateurs de France. S’il doit secourir une centaine de naufragés, il le fait, mais ça met l’équipage en danger, sur des questions de sécurité ou sanitaires. »

Au plus fort de la crise des réfugiés (entre 2014 et 2016), les bateaux commerciaux auraient secouru quelque 80 000 migrants, selon l’ECSA, avant le basculement de la « route » migratoire vers l’Espagne. Interrogé par Mediapart, Martin Dorsman, le secrétaire général de l’organisation estime cependant que « la sensibilité et la complexité de la situation semblent avoir parallèlement augmenté ».

Celui-ci a bien vu, entre autres, des migrants se rebeller à bord de navires marchands qui venaient de les repêcher, découvrant que le capitaine faisait route vers la Libye et non l’Italie, à l’image de la « mutinerie » survenue jeudi sur l’Elhiblu1. (Lire aussi notre article de janvier dernier) Avec la « suspension » des patrouilles navales de Sophia, ces armateurs perdent une lourde bataille.

Mais au-delà, c’est bien la mission centrale de Sophia – la lutte contre les trafiquants et pour le démantèlement des réseaux – qui se retrouve placée en coma artificiel. Alors que 160 passeurs présumés ont été remis aux autorités italiennes depuis 2015, et 551 embarcations éliminées qui servaient à des réseaux criminels, comment poursuivre ce travail sans la moindre frégate ?

« Sophia est une opération maritime et il est clair que sans ressources navales, elle ne sera plus en mesure de remplir effectivement son mandat », a déclaré mercredi une porte-parole de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie de l’UE. Alors quoi ?

Peut-être les États membres trouvent-ils de quoi se réjouir dans la poursuite d’un volet méconnu de l’opération, rajouté en 2016 au mandat de Sophia et secondaire sur le papier, mais en pleine expansion, celui de la formation des garde-côtes libyens ?

Avec le soutien d’autres fonds européens, ces derniers sont en effet équipés et encouragés à intercepter toujours plus d’embarcations au large de leurs plages, ce qui contribue à l’effondrement du nombre d’arrivées en Italie (534 en 2019), mais soulève nombre de questions éthiques, sachant que 100 % des rescapés sont jetés en prison à leur retour en Libye, dans des conditions inhumaines que l’ONU ne cesse de dénoncer.

Depuis 2016, Sophia a ainsi formé plusieurs centaines de garde-côtes (aux droits de l’homme, au droit d’asile, etc.), également entraînés aux techniques d’abordage, à la plongée sous-marine, à l’usage de matériel de communication électronique, etc. À l’évidence, ces leçons ne suffisent pas à garantir un comportement adéquat en mer, puisque l’équipage libyen ayant opéré l’un des pires « sauvetages » jamais filmés en Méditerranée (celui du 6 novembre 2017), avec violences et noyades à la clef, en avait pour partie bénéficié.

Pire : des rapports internes à Sophia (récemment dévoilés par Politico) font état de corruption parmi certaines unités. « Les réseaux [de trafiquants de migrants] ont régulièrement recours à des “facilitateurs” et payent certaines autorités et autres milices », lit-on dans un bilan confidentiel de l’opération daté du second semestre 2017.

Interrogée sur le sujet, la commission répond systématiquement que les garde-côtes invités aux formations de Sophia subissent un « check de sécurité », avec vérifications auprès d’Interpol et d’Europol (entre autres), afin d’écarter les individus les plus douteux. Dès lors, pas question de « suspendre » quoi que ce soit, au contraire. Sophia continue ainsi sans bateau, mais avec des garde-côtes de Tripoli, traités de plus en plus comme des sous-traitants.

 

Vite dit

unnamed27/11/2021 - Arbitraire, malveillance, cynisme et mauvaise foi de la justice

Un témoignage émouvant et enrageant  mais aussi interloquant par l’absurdité des ”arguments” avancés par le parquet, dont on sent le désespoir pour trouver quelque chose, peu importe quoi, afin de bloquer la démarche éminemment humaine de cette femme.

L’arbitraire et l’absurdité dans l’action du pouvoir en place qui se dégage de ce témoignage pourrait se prêter à rire, si ce n’était pas en même temps une épitaphe sur le tombeau de la justice de la République. Comment rester de marbre quand on est témoin d’une action aussi malveillante, cynique et de mauvaise foi que celle que témoigne ce récit :

"Cette nuit j'ai besoin d'exprimer ma sidération et ma colère. J'étais en audience cet après midi pour l'adoption de mon garçon qui vient de Guinée et qui est chez moi depuis bientôt 4 ans.
L'avocate apprend juste avant qu'on entre que le parquet était contre, aucune idée des motifs, où est le respect de la procédure contradictoire en droit ??
Une fois dans la salle, elle demande donc quels sont les motifs...
Ubuesque, absurde, stupide et j'en passe... 
1 pas de photo sur l'extrait de naissance !!! Qui connaît un exemple dans le monde ?
2 0n ne se connaît pas assez longtemps pour prouver des liens affectifs ! 4 ans !!! et jugement de la cour d'appel de Rennes  pour un titre de séjour vie privée et familiale que mon garçon détient depuis Juillet, qui insiste beaucoup sur nos liens profonds. 
3 le titre de séjour est provisoire jusqu à fin Juin !! Tous les premiers titres de séjour ne durent jamais plus d'un an, c'est la loi !!!
Une amie qui voulait adopter aussi et  à qui on a dit non également pour d'autres raisons, le titre de son jeune va jusqu'à Février mais comme c'est bizarre, pour lui ils n'en parlent pas !!
4 il vient chez moi de temps en temps, alors là on était héberlué ! Il a habité tout le temps chez moi, 9 attestations le prouvaient, j'ai en 40 comme ça!  Mon avocate pense que ça vient du fait qu'il a été en pension à la Guerche de Bretagne à 2h50 de chez moi, j'habite à Quimper. On n'a pas eu le choix, j'ai dû l'inscrire là bas car on avait eu une OQTF fin Juin, trop tard pour trouver une place ici en lycée hotelier car Youssouf est cuisinier-il a maintenant un CDI à Quimper - 5 restaurateurs étaient prêts à le prendre en alternance ici dans le Finistère sud juste à côté de Quimper-pour une formation complémentaire cuisinier en desserts de restaurant et le CFA aussi, OQTF, donc impossible, on n'avait plus que la Guerche de Bretagne et on nous le reproche maintenant ? J'aurais dû faire quoi, le conduire tous les matins et le ramener tous les soirs ?? On est sérieux là ??
5 sa signature et son paraphe sont les mêmes !!
Il était analphabète en arrivant ici, il ne savait ni lire ni écrire, donc sa signature était les premières lettres de son nom et prénom car c' était ce qu'il y avait de plus facile pour lui, et après quand il a su écrire, trop tard, on lui aurait dit que sa signature n'était pas conforme !!!
Tout ceci est ahurissant ! 
Quoiqu'on fasse, ce n'est jamais bien !!
Alors je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ça est politique, la cour ici est à priori contre et cherche le moindre prétexte pour refuser l'adoption.
Je navigue entre la sidération, la tristesse, la colère et le rire car heureusement j'ai le sens de l'humour ! Tous ces arguments sont risibles... Mais c'est quand même la colère qui domine et heureusement car c'est elle qui va me donner la force, l'énergie pour continuer à me battre, cela fait 4 ans que nous partageons tout mon petit fils et moi, les joies comme les peines, nous avons ri et pleuré ensemble, alors nous n'allons pas abandonner, nous allons continuer à nous battre, nous formons une famille. 
Bonne nuit à tous et merci à ce groupe d'exister, cela fait tellement du bien de savoir que nous ne sommes pas seuls !"

unnamed23/11/2021 - Expulsé sans ambage et sans bagage

L'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration, l'OFII, n'a pas joué son rôle ce jour de début novembre à Toulouse.

L'affichage de leur bilan pourrait nous faire croire à une efficacité remarquable.

Voici les chiffres tirés de leur rapport 2020 pour les centres de rétention (CRA) :

9 959 entretiens de 1er accueil, 16 830 entretiens complémentaires, 144 entretiens d'évaluation de la vulnérabilité, 83 aides au retour, 34 010 achats de 1ère nécessité, 631 paiements de mandats, 186 retraits d'espèces en banque, 597 achats avec la carte ADA, 5 démarches de clôture de comptes bancaires, 9 remboursements de billet SNCF, 695 démarches de récupération de bagages, 38 démarches de récupération de salaires, 1726 dons de vêtements.

En novembre 2019, les EGM31 constataient déjà,des manquements sévères ( lire ici ). Par exemple, la récupération de bagages ne se faisait que sur Toulouse et sa banlieue alors que les placements en CRA se décident au niveau national et que les personnes étrangères 'dublinées' sont convoquées à la préfecture de région, donc Toulouse.

Rien d'étonnant donc que ce 9 novembre 2021, 3 associations (Halde, Cimade, Cercle des Voisins) ont du oeuvrer ensemble et dans l'urgence pour permettre à un retenu, placé la veille au CRA de Cornebarrieu de récupérer ses bagages avant son expulsion. Ces bagages étaient pourtant stockés à Toulouse !

 

14/04/2021 - Pourquoi ? Combien ?

Pourquoi tant de temps? pourquoi tant de kilomètres parcourus? Pourquoi tant d'argent public dépensé ? et les autres pourquoi pour tout ce qui ne peut se mesurer comme l'incompréhension, la peur, la trouille, l'angoisse, et tous les traitements indignes que sont le menottage, l'escorte policière sous le regard des autres, l'enfermement en centre de rétention administratif (CRA) et aussi l'attente, une longue attente pour qu'enfin l'Office Français de Protection des réfugiés et Apatrides (OFPRA) lui accorde enfin en ce mois d'avril 2021,la protection qu'il demandait.

Combien de parcours semblables à celui d'Ibrahim? Combien de personnes ont subi des arrestations en préfecture, un enfermement qui peut durer jusqu'à 3 mois dans des locaux parfois sales, où la bouffe est infâme et où il est nécessaire de se résoudre à avaler un somnifère si l'on veut dormir un peu ?

Et combien de temps cela va-t-il durer encore avant qu'une figure humaine mette un terme aux textes écrits par les gestionnaires et technocrates en place depuis plusieurs années sur le Droit des Étrangers (le fameux CESEDA et les règlements qui en découlent comme celui de Dublin).

Et comme le suggère le dernier livre d'Axel Kahn, Et le bien dans tout ça ?, si nous devenions raisonnable et humain ?

Ce vite-dit fait suite à celui du 22/2/2019 - L’acharnement des préfets dépasse les bornes
Ibrahim (son prénom a été changé) est un jeune qui a fui le Niger en 2015 ; parti à l’âge de 17 ans, il a fêté ses dix-huit ans en Lybie ; tout le monde comprend ce que cela signifie… courageux il l’est vraiment ce gars ; son périple, par la méditerranée puis l’Italie a duré plus de trois années…. il est passé par l’Allemagne. Malheureusement son petit séjour au pays de Goethe s’est mal passé ; De violentes agressions à caractère raciste l’ont poussé à reprendre la route. Le voilà en France, et bien sûr, en guise d’accueil, la France lui colle une procédure de réadmission Dublin vers l’Allemagne. Heureusement, il trouve refuge au cœur de la France profonde sous l’aile bienveillante du réseau RESF.
Arrêté le 11 février, il est conduit au CRA de Cornebarrieu (1er voyage).
Le 13 février passage devant le JLD : Ibrahim est assigné à résidence chez lui ; il est recueilli par le Cercle des Voisins.
Le 14, le CdV organise son retour chez lui (2ème voyage).
Le 20, il se rend à la gendarmerie sur convocation ; et que fait l’Administration ? Ibrahim est de nouveau arrêté et amené sous escorte à Cornebarrieu (3ème voyage).
Le matin du 21, Ibrahim est conduit à l’avion menotté et entravé ; deux policiers l’escortent jusqu’à Paris (4ème voyage)
Arrivé à Paris, la police lui annonce que la Préfecture a décidé de le libérer ; Ibrahim, qui n’a rien compris se retrouve dans un avion entre deux policiers direction Toulouse (5ème voyage). Il est conduit au CRA de Cornebarrieu pour y signer des documents auxquels il ne comprend rien : il refuse de signer, et le voilà libre, sans bagage et sans aucun justificatif.
Grace à l’efficacité du réseau, il est récupéré, passe une bonne nuit à Toulouse et reprend le train vers son village d’adoption (6ème voyage).
Bilan :

  • Quatre voyages à trois personnes aux frais du contribuable (le coût dépasse certainement les 5000€ car il faut y intégrer les salaires des policiers de l’escorte)
  • Deux voyages aux frais des associations de bénévoles.
  • Tout ça pour revenir au point de départ…

Vous appelez ça une politique d’asile respectueuse des personnes ?
Et en plus un gâchis d’argent public.

 

 

 

vd systeme ecrase2/2/2021 - 90 jours moins 1
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) dispose que le placement en rétention doit être considéré en ultime recours lors de l’expulsion d’une personne, et cela seulement après avoir épuisé toutes les autres formes de contrôle disponibles à l’administration, comme l'assignation à résidence ou le pointage en commissariat de police. Aussi, il dispose que la période de rétention doit être réduite au strict minimum nécessaire à la mise en oeuvre de l’expulsion.

Monsieur P., un Sénégalais en situation irrégulière, est arrêté et placé en rétention au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu. Deux jours plus tard, il est présenté devant le Juge de la Liberté et de la Détention, qui décide de prolonger sa rétention pour une période de 28 jours supplémentaires en vue d’une expulsion imminente vers son pays d’origine. Cette période devrait suffire à la préfecture pour organiser son expulsion.

Or, à la fin de ces 30 jours, l’administration n’a toujours pas réussi à le faire. Qu’à cela ne tienne, la préfecture décide de demander une nouvelle prolongation de la période de rétention de 30 jours supplémentaires pour organiser cette expulsion “imminente”. Le tribunal accède à la demande de la préfecture et inflige à Monsieur P.  une nouvelle période de 30 jours pendant laquelle l’administration devrait pouvoir finir les préparatifs.

Hélas, les 60 jours s’écoulent, mais l’expulsion se fait attendre. Un point de détail se dit probablement la préfecture qui demande encore une prolongation. Le tribunal accepte, à nouveau, et condamne Monsieur P.  à 15 jours de rétention supplémentaires, en principe pour permettre à l’administration de finir enfin son travail et exécuter l’expulsion, toujours "imminente”.

Surprise ! 15 jours plus tard, rebelote. La préfecture n’a toujours pas pu, su ou voulu expulser Monsieur P.  et demande, difficile à croire, une prolongation supplémentaire !  C’est la dernière prolongation autorisée par la loi avant qu’il soit libéré de droit... en attendant de nouvelles arrestations, sans limites. Une des conditions pour accorder cette quatrième et dernière prolongation est que la préfecture ait obtenu le laissez-passer nécessaire à l’expulsion, ainsi qu’un vol, et cela au plus tard pendant les 15 jours de la troisième prolongation, ce qui n’était toujours pas le cas pour Monsieur P.. Encore plus difficile à croire, non seulement le tribunal ignore le manque du laissez-passer et du vol, mais refuse aussi d’admettre que dans la situation sanitaire actuelle il soit pratiquement impossible de renvoyer ces pauvres gens vers leurs pays, et décide de prolonger d'encore 15 jours le calvaire de Monsieur P..

Monsieur P. a été finalement expulsé la veille de la fin de sa rétention. 90 jours moins 1 de rétention parce que la préfecture n’a pas été capable de faire son travail avec plus de diligence et en conformité avec le CESEDA.

Juste au cas où le point vous aurait échappé, il ne s’agit pas ici d’un colis que l’on peut mettre de côté en attendant son expédition par le moyen le plus confortable pour l’administration, mais d’un être humain privé de sa liberté et de ses droits, dont la seule faute est de ne pas avoir des papiers, c’est-à-dire une simple contravention au CESEDA.

Malheureusement Monsieur P. n’est ni le premier ni le dernier à subir ces longues peines d’emprisonnement. Des milliers de personnes se trouvent ainsi piégées dans des centres de rétention à travers la France, avec pas ou peu de possibilité d’expulsion. Beaucoup se trouvent dans des centres touchés par la COVID, et par conséquent exposés au virus, mettant leur vie en danger, sans que cela inquiète l’administration.

Il est malheureusement peu probable que le gouvernement cesse ces expulsions honteuses, mais il se doit d’être capable de les exécuter dans le respect des personnes et de leurs droits.

Il est impératif que la déshumanisation de ces êtres humains cesse parce que pour chaque personne que se voit désignée comme "chose”, nous détruisons un bout de nos âmes.

 

 
juge
 
 5/12/2020 - Pratique illégale de la médecine par la juge

Quand un médecin, spécialiste de surcroît, justifie  après une consultation en urgence que l’état de santé d'une jeune femme enceinte de sept mois qu’il  a examinée est incompatible avec une rétention, comment le juge des libertés et de la détention et le représentant de la préfecture peuvent- ils argumenter le contraire et ainsi maintenir la privation de liberté ? Simple , le serment d’Hypocrite qui permet, sur la foi de ce que l’on pense, de s’absoudre de toutes considérations médicales. La justice avance !

Après, que penser du serment d’Hippocrate du médecin du CRA et de l'OFII si prompt à exécuter les basses œuvres des préfectures ?

Désespoir 28/11/2020 - Naître dans un Centre de rétention est ce possible ?

On sait d'ores et déjà qu'il est possible de passer beaucoup de temps dans un Centre de Rétention (jusqu'à 3 mois), d'être relâché puis d'y revenir plusieurs fois.
On sait qu'on peut y mourir (CRA de Rennes, de Vincennes, de Cornebarrieu...)
On sait aussi qu'on peut séparer une maman allaitante de son bébé de 20 jours pendant 4 jours avant de la libérer (CRA de Cornebarrieu).A notre connaissance, nous n'avons pas encore connu une naissance mais cela sera peut-être le cas prochainement au CRA de Cornebarrieu.
En effet, une jeune femme enceinte de 6 mois y est actuellement enfermée depuis presque 2 mois, par la volonté du préfet des Alpes Maritimes.
Comment une femme peut-elle mener une grossesse sereine dans cet univers angoissant ?
Manger, dormir, se laver, se reposer, tout est difficile voire impossible.
Alors avoir un suivi de grossesse adéquat, c'est un luxe impossible. On ne s'en occupeque quand il y a urgence, une hémorragie et des contractions anormales à ce stade de la grossesse.

« Comme je perdais du sang, on m'a emmenée à l'hôpital et depuis mon retour au CRA une infirmière de la PMI m'a téléphoné ».
L’État français fait de belles déclarations au sujet des violences faites aux femmes mais les traite avec mépris et inhumanité dès qu'il s'agit de femmes sans-papiers.
Relayé par les porte-paroles des préfectures et par les juges des libertés et de la détention, le discours est toujours : « le service médical du CRA est compétent ! ».

Alors, une naissance ou une fausse-couche prochainement au CRA de Cornebarrieu ?
Et quels papiers aura le bébé ?

Désespoir

 18/10/2020 - Bienvenue en France, pays du mépris et de l'indignité

Il habite en Haute-Loire, il s'est fait interpeller pour non-port du masque et se retrouve enfermé au centre de rétention de Cornebarrieu. Libéré par le juge 48h après son arrivée, les policiers en charge de la surveillance du centre ouvrent les grilles du centre de rétention, appliquant ainsi la décision judiciaire. Passé les grilles, ce n'est plus leur problème ! Comme beaucoup d'autres personnes enfermées là, cet homme n'a pas d'argent pour repartir chez lui, la batterie de son téléphone est proche de 0% et il ne connaît personne dans la région.

Mais cet homme là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres retenus du centre. C'est ce qui a amené un policier de la Police de l'Air et des Frontières (PAF), ce samedi là et dès l'annonce de la décision du juge au palais de justice, à s'approcher d'un membre du Cercle des Voisins auquel on avait interdit d'assister à l'audience, pour l'informer de cette libération et lui demander de l'aide.

Car ce retenu là a quelque chose de plus, ou de moins que les autres prisonniers du centre. Ce qu'il a de plus c'est une paire de béquilles, ce qu'il a de moins c'est une jambe ! Pour le reste, il est semblable à tous ceux et celles qui passent dans ce camp.

Nous prenons acte de ce geste d'humanité de la part du policier qui a pris conscience de la fragilité de la personne libérée  mais nous continuons de dénoncer la talentueuse application de l'administration française à maltraiter ceux et celles qui demandent à être régularisés. Nos dirigeants sont à même de déployer des moyens exorbitants pour enfermer des personnes que, lorsqu'elles sont libérées par décision de justice, ils mettent à la rue comme des chiens. Avec une durée d'enfermement de plus en plus longue (jusqu'à 3 mois), quasiment systématique et sans discernement des pathologies physiques et mentales des personnes, l’État français démontre un comportement irresponsable et xénophobe.

Les expulsions sont souvent violentes mais les libérations par décisions de justice ou préfectorales  peuvent aussi l'être quand sont libérées des personnes vulnérables. D'autant que ces centres d'enfermement continuent de fonctionner en cette période de fermeture des frontières et de pandémie, devenant ainsi de nouveaux foyers épidémiques. D'autres policiers sont-ils prêts à aborder cette question avec nous ?

 

 

 

Désespoir
 21/6/2020 - Qui a jeté Tatiana à la rue ? ou Chronique du mépris ordinaire

Tatiana, jeune russe, aux activités malheureusement habituelles sur la Canebière, s'est faite arrêter par la police cannoise. Dans sa « tenue de plage », elle est transférée à la Police aux Frontières à Nice pour un longue garde à vue. L'Obligation de Quitter le Territoire Français tombe et la rétention est demandée par le Préfet des Alpes-Maritimes. Tatiana, toujours dans sa tenue très légère, est transférée en voiture à 580 km de la Promenade des Anglais.
Dans cette tenue de plage, la très jeune femme passera 48 heures au centre de rétention de Cornebarrieu en Haute-Garonne sans que des policiers ou des agents de l’OFII chargé d'accompagner les retenus ne lui trouvent de quoi se vêtir. Elle est présentée samedi 20 juin devant un juge en visio-conférence qui ordonne sa libération. A 18h30, le jour même , Tatiana , toujours dans la même tenue , est jetée à la rue devant le CRA de Cornebarrieu, sans argent, sans téléphone.
Merci les Pousses-aux-Crimes !
Tatiana erre pendant 24 h autour de l'aéroport de Blagnac avant que deux bénévoles du Cercle des Voisins la prennent en charge et la mettent à l'abri.

 

 

Plus jamais ca signons pour le jour dapres[Pétition] Plus jamais ça, signons pour le jour d’après

À la suite de la tribune « Plus jamais ça, préparons le jour d’après », seize organisations lancent une pétition nationale pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme, porteuses de profonds changements politiques.

affichea3 acte4 03Acte 4 des Sans-Papiers : Liberté, Egalité, Papiers !

Le pouvoir fait partie du problème des crises de ce pays et les amplifie, semant la misère, le désespoir, le racisme et la haine là où il faut plus de solidarité, de liberté et d’égalité. Lors de la Marche nationale des Sans-Papiers nous avons montré que nous étions la solution.

Appel à l'Acte 4 et à des manifestations sur tout le territoire le 18 décembre

Régularisation des Sans-Papiers, Fermeture des CRA, Logement pour touTE

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